Boycott du numérique par des auteurs danois

Clément Solym - 05.09.2011

Edition - Société - piratage - greve - refuspublier


Les deux Danois Leif Davidsen etJussi Adler-Olsen ont décidé que le numérique était bien trop dangereux pour être exploitable, et refusent d’occuper ce nouveau marché. Leurs arguments ? Mettre en exergue le piratage et la fin de l’édition telle qu’ils la connaissent.

 

Les deux auteurs écrivent des romans policiers à succès au Danemark. Le premier est traduit en français chez Gaïa. Leur argument est clair : le livre numérique est beaucoup trop simple à copier, donc personne ne l’achètera, tout le monde le copiera. Cela veut dire que publier numériquement leurs livres serait se ruiner eux-mêmes et mener leur maison d’édition à sa perte.
 

Malheureusement pour eux, le roman policier est un des genres qui semble se vendre le mieux en numérique outre-Atlantique. C’est par exemple le genre de prédilection de John Locke, un des premiers auto-édités millionaires en ebooks vendus (notre actualitté).

 

Le Hollandais volant version Disney. Tout se transforme.
 

Le blogueur qui rapporte l’information ajoute qu’il a entendu qu’au festival CrimeFest de Bristol, un éditeur proposait aux auteurs inconnus de d’abord les éditer en version numérique, avant de passer à la version papier si l'ebook se vendait bien. Une sorte de réinvention de la chaîne, entre le grand format et le livre de poche...

 

Il est toujours possible de vivre d’une accumulation de petites marges comme le font depuis des lustres les maisons qui éditent des livres bon marché…

 

Danois, ce blogueur a en revanche peur que si les auteurs de son pays réagissent de la sorte, ses compatriotes finiront par plus lire en anglais qu'en danois…
 

Pour l’anecdote, l’histoire de ces auteurs fait penser à cet épisode de South Park où trois adolescents refusent de monter un groupe de musique à cause de tout l’argent que le piratage leur ferait perdre. Ils ne stoppent pas plus le piratage qu’ils ne gagnent de l’argent ce faisant.

Pendant ce temps, un de leurs anciens amis s’est lancé dans le rock chrétien pour gagner sa vie mais sans talent et sans être chrétien. Il gagne très bien sa vie en renouvelant des standards du rock et du jazz, malgré le piratage. Comme quoi même les business models peuvent être inventés par la fiction (notre actualitté).