Brésil : l'écrivain Cesare Battisti arrêté puis libéré en vue de son expulsion

Clémence Chouvelon - 13.03.2015

Edition - International - Cesare Battisti - Mexique France - Brésil expulsion


La police brésilienne a interpellé jeudi Cesare Battisti avant de le relâcher vendredi matin en vue de son expulsion vers la France ou le Mexique. L'écrivain italien et ancien militant d'extrême gauche est condamné à perpétuité par la justice italienne pour meurtre et tentative d'assassinat.

 

 

Cesare Battisti (1954).jpgCesare Battisti, en 2009 (José Cruz/ABr - Agência Brasil, CC BY 3.0 br)

 

 

L'auteur d'une quinzaine de romans pour la plupart policiers, dont Au pied du mur (2012), inspiré de ses quatre années à la prison de Papuda à Brasilia, a été arrêté à Embu das Artes, une ville de l'État de São Paulo, puis finalement libéré et ramené à son domicile. « Nous avons obtenu un habeas corpus » a précisé son avocat Igor Sant'Anna Tamasauskas, cité par l'AFP « Il est libre comme n'importe quel citoyen, et nous allons présenter un recours devant le tribunal régional fédéral. »

 

Cesare Battisti a été condamné à perpétuité en 1993 par la justice italienne, pour des meurtres qu'il aurait commis à la fin des années 1970 alors qu'il était membre du groupe Prolétaires armés pour le communisme (PAC). Dans Ma Cavale, publié en France en 2006, il écrit : « Je suis coupable, comme je l'ai souvent dit, d'avoir fait partie d'un groupe armé dont le but était subversif et qui était armé. Mais je n'ai jamais tiré sur personne. » L'écrivain a toujours clamé son innocence, et a fui vers le Brésil en 2004.

 

Il est arrêté trois ans plus tard à Rio, et transféré à Brasilia. Le dernier jour de son mandat, le 31 décembre 2010, le président Luiz Inacio Lula da Silva avait refusé l'extradition de Battisti vers l'Italie et décidé qu'il ne quitterait pas le territoire brésilien, une décision approuvée par la Cour suprême du Brésil, qui considérait comme « souveraine » la décision du président. L'auteur avait depuis reçu son visa lui permettant de vivre et de travailler au Brésil.

 

Le 3 mars 2015, la juge fédérale Adverci Mendes de Abreu, avait remis en question la décision de l'ancien président en ordonnant l'expulsion de l'auteur.


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