Brésil : l'écrivain Cesare Battisti menacé d'expulsion

Clémence Chouvelon - 05.03.2015

Edition - International - Brésil expulsion - Mexique France - Cesare Battisti


L'écrivain italien Cesare Battisti, condamné à perpétuité par la justice italienne pour meurtre et tentative d'assassinat, est menacé d'expulsion au Brésil, où il vit depuis 2004. La juge fédérale à l'origine de cette demande a déclaré que l'auteur devait être expulsé au Mexique ou en France, deux pays où il s'est réfugié après avoir fui l'Italie.

 

 

Cesare Battisti 2009-11-17.jpgCesare Battisti, en 2009 (José Cruz/ABr, Agência Brasil, CC BY 3.0)

 

 

L'auteur a publié une quinzaine de romans pour la plupart policiers, dont Au pied du mur (2012), un roman inspiré de ses quatre années à la prison de Papuda à Brasilia. Il est condamné à perpétuité en 1993 par la justice italienne, pour des meurtres qu'il aurait commis à la fin des années 1970 alors qu'il était membre du groupe Prolétaires armés pour le communisme (PAC). L'écrivain a toujours clamé son innocence, et a fui vers le Brésil en 2004.

 

Il est arrêté trois ans plus tard à Rio, et transféré à Brasilia. Le dernier jour de son mandat, le 31 décembre 2010, le président Luiz Inacio Lula da Silva avait refusé l'extradition de Battisti vers l'Italie et décidé qu'il ne quitterait pas le territoire brésilien, une décision approuvée par la Cour suprême du Brésil, qui considérait comme « souveraine » la décision du président. L'auteur avait depuis reçu son visa lui permettant de vivre et de travailler au Brésil.

 

Selon la juge fédérale Adverci Mendes de Abreu, citée par l'AFP, Battisti est « un étranger en situation irrégulière au Brésil et qui, en tant que criminel condamné dans son pays pour meurtre, n'a pas le droit de rester ». Pour appuyer ses propos, elle précise que le visa délivré par le Conseil national de l'immigration le 22 juin 2011 résiste à la loi brésilienne sur le statut des ressortissants étrangers, qui en principe ne peuvent pas se voir délivrer de Visa s'ils sont accusés de crimes dans un autre pays.

 

Elle ajoute qu'expulser l'auteur n'enfreindrait pas la décision de l'ancien président, tant qu'il n'est pas livré à la justice italienne. Igor Sant'Anna Tamasauskas, l'avocat de Battisti, a annoncé qu'ils allaient faire appel.