Brésil : un appel solennel à acheter des livres, pour sauver les libraires

Antoine Oury - 12.12.2018

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Les deux principales chaines de librairies brésiliennes sont à la peine : Saraiva et Livraria cumulent à elles deux près de 235 millions € de dettes, et la situation économique n'est pas loin de la catastrophe. L'industrie de l'édition tente de mobiliser les Brésiliens, à l'approche des fêtes de fin d'année, et craint déjà les répercussions économiques sur sa propre activité.

Brazilian Publishers - Frankfurt Buchmesse 2015

L'édition brésilienne à la Foire du Livre de Francfort, en 2015 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)



La crise économique brésilienne, en 2014, a eu un impact dont les effets se ressentent encore aujourd'hui : pour le commerce du livre, les secousses menacent de faire s'écrouler deux chaines de librairies qui représentent, pour certains éditeurs, jusqu'à 40 % de leurs revenus. Le temps est désormais compté pour la survie des deux groupes, qui pourraient disparaitre ou se voir racheter par un autre acteur, ce qui favoriserait la concentration.

Luiz Schwarcz, directeur général du groupe éditorial Companhia das Letras — fondé en 1986 et de plus en plus proche de la multinationale Penguin Random House — fait partie de ceux que les difficultés économiques des libraires inquiètent. Le 27 novembre dernier, il a publié une lettre ouverte sur le site de la maison d'édition qu'il a cofondé avec son épouse Lila.

Intitulé « Lettre d'amour aux livres », le texte annonce d'emblée l'aspect critique de la situation : « Les jours sont sombres pour le livre, au Brésil. » Rappelant la situation économique des deux chaines de librairies, Luiz Schwarcz donne l'alerte : « Le livre est le seul média qui ait traversé indemne, dans le monde entier, une phase de profonds changements. Sauf au Brésil. Ici, de nombreuses villes sont sur le point de se retrouver sans une seule librairie, et les éditeurs sont maintenant confrontés au défi de faire parvenir leurs livres aux lecteurs tout en faisant face à des pertes considérables », écrit-il.

Pour la première fois depuis 32 ans, indique Schwarcz, il a dû licencier 6 de ses employés, un événement douloureux dans sa carrière de chef d'entreprise. 


Lisez... Mais lisez, bordel !


Dans son courrier, il appelle à l'union de la chaine du livre pour trouver des solutions : « Les réseaux de solidarité qui se sont formés pendant la campagne électorale sont peut-être un bon exemple de ce qui pourrait être fait pour le livre aujourd'hui. » En espérant, bien entendu, plus de succès que les tentatives pour empêcher l'élection de Jair Bolsonaro...
 

Pour ceux d'entre vous qui, comme moi, nourrissent l'amour du livre comme raison d'être, je vous prie de diffuser cet appel et d'inciter les autres à acheter des livres en cette période de fêtes ; des ouvrages de vos auteurs préférés et des nouveaux auteurs que vous avez toujours voulu lire. Achetez-les dans les librairies qui surmontent héroïquement cette crise et honorent leurs engagements, mais aussi dans celles qui ont connu une période difficile et qui ont besoin de notre aide pour s'en sortir.


Le courrier pourra être lu en intégralité, en portugais et en anglais, sur le blog de Companhia das Letras.




Commentaires
Tiens-tiens, les libraires se feraient-ils mendiants ? Et pourquoi pas à leur tour les auteurs qui viendraient à genoux devant leurs éditeurs : "s'il vous plaît, passez mes droits à 20% pour pas que je crève de faim !" smile
Bolsonaro entrant (élu!)en dictature le 01/01/2019, souhaitons que cet appel soit entendu avant qu'il n'ordonne une sélection à grande échelle de ce qui "peut" être lu et...le reste.
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