Bret Easton Ellis s'attaque à "l'homosexualité politiquement correcte"

Xavier S. Thomann - 14.05.2013

Edition - Société - Bret Easton Ellis - Jason Collins - Glaad


Récemment encore, l'écrivain Bret Easton Ellis était au centre de l'une de ces controverses dont il a le secret. En avril, il fut « désinvité » de la soirée Glaad, suite à ses propos sur Twitter. Il vient de prendre la plume dans le magazine Out pour revenir en détail sur toute cette histoire, mais surtout pour donner son avis sur la façon dont les homosexuels sont traités par les médias. 

 

 Bret Easton Ellis

Mark Coggins, CC BY 2.0

 

 

Pour une fois qu'il s'exprime ailleurs que sur Twitter, les fans de l'écrivain seront contents. S'il a fait savoir, il y a peu, qu'il était en train d'écrire un nouveau roman, il n'en est pas moins plus habitué des 140 caractères que des longues tirades. Mais que raconte-t-il donc dans cet article de 3500 mots ?

 

On se gardera bien de prendre parti, on imagine que beaucoup ne seront pas d'accord avec les idées de l'écrivain. Il faut dire qu'il a le chic de choisir des expressions claires, qui sont autant d'attaques contre les personnes incriminées. Ici, les médias américains et la façon dont ils représentent les homosexuels. Son papier est une diatribe contre les « Gardiens de l'homosexualité politiquement correcte. »

 

Il a pris l'exemple du jouer de basket Jason Collins, qui a fait un coming-out largement relayé par la presse, et ce jusque de notre côté de l'Atlantique. Selon Ellis, le sportif a été traité comme « une sorte de bébé panda qui avait besoin d'être honoré, loué et consolé — oui c'est ça infantilisé. » Rappelons que Bret Easton Ellis s'est lui-même déclaré comme homosexuel il y a quelques années. 

 

Il reproche aussi à certains médias de donner une vision aseptisée de l'homosexualité, qui ne reproduit en rien la réalité des vies des personnes concernées. Il explique : « Être vrai et humain (c'est-à-dire avec des défauts) n'est pas forcément ce que les Gardiens de l'homosexualité veulent que la culture hétéro voie. » 

 

Enfin, le Glaad, l'association qui cherche à promouvoir l'image de la communauté LGBT au sein des médias américains, en a pris pour son grade. Il remet en question la légitimité de ce groupe à représenter les intérêts de l'ensemble de la communauté. Visiblement, il a encore l'affaire du mois dernier en tête. 

 

Il déclare notamment : « Le fait est que si vous ne vous donnez pas l'image de l'homosexuel heureux faisant la promotion des valeurs gay grand public, au service du Glaad, on fait de vous un ennemi de La Cause ». La Glaad n'est pas surprise des remarques de l'auteur d'American Psycho, et a tenu à rappeler qu'ils avaient toujours l'intention de discuter avec lieu un jour prochain. 

 

Pour ceux d'entre vous qui apprécient la prose de l'écrivain et qui ne se contentent pas de Twitter, on vous rappelle l'intéressant article qu'il avait écrit en 2011 dans les colonnes du Daily Beast, « Notes on Charlie Sheen and the End of Empire ».