Brexit et élections présidentielles aux USA : quand JK Rowling se met à la politique

Orianne Vialo - 22.06.2016

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Le Brexit, pour British Exit, ainsi que les élections présidentielles aux États-Unis font couler de l’encre depuis plusieurs mois. D’un côté, les Britanniques devront donner une réponse définitive à la question très délicate « faut-il que le Royaume-Uni demeure au sein de l’UE ou non » le jeudi 23 juin. De l’autre, les Américains devront choisir entre la démocrate Hilary Clinton, ou Donald Trump, le républicain, pour élire leur prochain président le 20 janvier 2017. 

 

 

 

À l’image de nombreux auteurs britanniques, JK. Rowling a elle aussi tenu à s’exprimer sur ces sujets. Pluôt qu’une brève intervention sur Twitter, comme elle le fait régulièrement, elle a posté sur son site internet ses réflexions. Pour la grande majorité des auteurs britanniques, tels que l’auteur(e) italien (ne) Elena Ferrante, dont la véritable identité est encore inconnue, l’Irlandaise Anne Enright, l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, le dessinateur français Riad Sattouf ou encore l’auteure de best-seller Kate Mosse, le Brexit « serait une catastrophe pour l’industrie du livre britannique ». Pour d’autres, à l’image du créateur de House of Cards, rester dans l’UE serait une grossière erreur. 

 

« L’UE en tant qu’institution ne me convient pas. Je suis fier d’être Européen, j’aime l’Europe, mais pour ses cultures, et non pour ses institutions. Elles ont échoué. Le projet a été développé dans la seconde moitié du XXe siècle à la suite de la crise de la première moitié. C’était une chose merveilleusement idéaliste, mais elle est de moins en moins pertinente, pour répondre aux défis du XXIe siècle, qui nécessitera que les gens soient plus compétitifs et flexibles », déclarait Michael Dobbs en mai dernier.

 

L’auteure de la saga Harry Potter n’est quant à elle pas de cet avis. Elle a publié un article intitulé « Sur les monstres, les méchants et le référendum sur l’Union européenne », qu’elle a relayé sur Twitter. Il suffit d’en lire quelques lignes, pour avoir une idée très précise de sa prise de position sur la question du maintien ou de la sortie de la Grande-Bretagne dans l’UE.

 


 

« Ce pays se trouve actuellement dans l’une des campagnes politiques les plus controversées et amères jamais menées au sein de ses frontières. […] Ils [le pouvoir politique en place, NdR] n’ont pas peur d’évoquer des monstres bien précis pour attiser nos peurs les plus profondes. Cela n’a rien de nouveau, bien sûr. Ils nous flattent avec des histoires concernant notre identité, ou ce que nous pourrions devenir » commence JK Rowling. 

 

D’après elle, « si nous ne pouvons pas accepter que quitter l'Union européenne soit l'unique manière pour que la Grande-Bretagne retrouve son statut de superpuissance, alors nous sommes forcément antipatriotiques, lâches ou faisons partie d’une élite corrompue ».

 

Cependant, JK Rowling tient a rappeler que selon de nombreux experts issus de tous les domaines, quitter l’Union européenne serait une erreur catastrophique.

 

Ses propos font échos aux interrogations et peurs exprimées par les artistes dans une lettre ouverte publiée dans le journal du Telegraph. « Le référendum nous oblige à nous regarder nous-mêmes dans le miroir et à nous demander : quel genre de nation voulons-nous être ? Sommes-nous tournés vers l’extérieur, ouverts à la recherche d’un travail commun avec d’autres pour atteindre de plus grandes réussites ? Ou nous isolons-nous de nos amis et voisins au moment même où le monde devient de plus en plus incertain ? », interrogent-ils, avant de poursuivre : « Du Barde [Shakespeare, NdR] à Bowie, la créativité britannique a inspiré le monde entier. Nous sommes convaincus que faire partie de l’Union européenne renforce notre rôle dans la scène mondiale. Ne nous enfermons pas dans le rôle de l’outsider se sentant pousser des ailes. » 

 

Avec l’arrogance d’un tas de mini-Trump, ils [ceux qui souhaitent quitter l'UE, NdR] jurent que tout sera glorieux comme avant, du moment que nous négligeons les avis émis par les experts et que nous les écoutons. Je ne pense pas que l’UE soit parfaite. Alors, pourquoi prendre la peine de construire ces alliances et des collectivités ambitieuses ? Parce qu’ils nous protègent et nous habilitent, car elles permettent de plus grandes et de meilleures réalisations que nous ne pouvons pas gérer seuls. Nous devrions être fiers de notre désir durable de nous réunir, à la recherche de meilleures, plus sûres, plus justes vies, pour nous et pour des millions d’autres. Les chercheurs démontrent que nous ne savons pas ce que nous avons. Ignorants de ce qui nous est donné, nous prenons les avantages de l’adhésion à l’UE pour acquis. Dans quelques jours, nous devrons décider quels monstres nous pensons réels, et lesquels sont illusoires. JK Rowling

 

 
Trump aussi dans la ligne de mire de JK Rowling 

 

Rappelons que, lors du Gala littéraire du PEN de cette année, JK Rowling avait fait un discours pour le moins surprenant. Récompensée pour service rendu à la littérature avec le prix 2016 PEN/Allen Foundation Literary Service Award, l’auteure avait parlé de liberté d’expression, et prenait Donald Trump en exemple pour mieux illustrer ses propos. 

 

« Protégée comme je le suis en tant que citoyenne d’une nation libérale où la liberté d’expression est un droit fondamental, mes détracteurs sont libres de dire que je cherche à convertir les enfants au satanisme, et je suis libre de répondre que je cherche à explorer la nature humaine et la morale. Ou de dire qu’ils ne sont que des imbéciles. »

 

Et de poursuivre : « Tout ce que dit Donald Trump ou presque me paraît discutable. Je le trouve grossier et bigot, mais il a tout mon soutien pour venir dans mon pays insulter et condamner. Sa liberté de parole garantit ma liberté de le traiter de bigot. Sa liberté garantit la mienne. Si le fait que je sois choquée justifie une interdiction de séjour pour Donald Trump, je ne peux pas moralement défendre ceux qui luttent pour les droits des femmes ou des personnes transgenres face aux personnes qui les menacent pour ces combats. »

 

 

En décembre 2015, JK Rowling s'était déjà autorisé un petit twitt politique, lorsque la BBC avait comparé Donald Trump à Voldemort. « Voldemort était loin d’être aussi méchant » s'était-elle empressée de répondre sur le réseau social. 

 


 

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