Brexit : l'économie fluctuante et les menaces sur les industries

Victor De Sepausy - 13.08.2019

Edition - Economie - Brexit économie - éditeurs fiscalité - libraires concurrence


Avec la prise de fonction de Boris Johnson, et l’imminence possible d’un Brexit, les acteurs britanniques de l’édition redoublent de lobbying. Objectif : obtenir une TVA nulle sur les produits numériques liés à la lecture. Les livres, en somme.

London
LWYang, CC BY 2.0
 

La Booksellers Association, réunissant les libraires d’outre-Manche, épaulée par une cinquantaine de détaillants, en appelle au gouvernement de Boris Johnson. Selon eux, et à mesure que la probabilité d’un Brexit augmente, la politique fiscale devient un enjeu de premier ordre. Et pour le livre numérique, ou son pendant audio, la question de la TVA est primordiale.

À ce jour, le bon vieux livre imprimé dispose d’une marge confortable : sa TVA est nulle. En revanche, ses confrères numériques sont taxés à 20 %

Ce rappel effectué, les signataires du courrier adressé au nouveau chancelier Said Javid, proposent différentes mesures — dont l’harmonisation des taux de TVA pour les ouvrages. Or, si l’industrie du livre souhaite profiter de l’une des mesures européennes phares, avant de quitter l’Union, il faut faire vite, indique le Bookseller.

Depuis le 2 octobre 2018, le Conseil des affaires économiques et financières de l’UE, Ecofin de son petit nom, a définitivement validé la possibilité d’une TVA réduite pour l’édition et la presse. 

Économiquement, le territoire britannique souffre, puisque la livre sterling ne cesse de perdre de sa valeur comparativement à l’euro et au dollar. Et dans ce marasme, permettre aux industries de bénéficier d’une TVA nulle permettrait de maintenir la tête hors de l’eau, si l’on comprend bien le propos. 

De fait, 27 pays de l’Union sont en train de basculer leur TVA sur les produits éditoriaux numériques vers un taux réduit : dans ce contexte, et sans une régulation au Royaume-Uni, les entreprises ne pourront pas maintenir leur compétitivité, soulignent les signataires.

La Publishers Association vient également d’initier une opération de communication, Axe the reading tax, pour réclamer cette harmonisation. En dépit du soutien massif de l’industrie, le précédent gouvernement n’avait pas bougé une oreille. La PA y est allée également de son courrier à Said Javid, dans l’espoir d’être entendue.

Côté librairies et enseignes, on pointe plus spécifiquement la désertification des centres-villes, au cours des quatre dernières années, réclamant également des mesures fiscales appropriées. Sachant que dans le même temps, un certain Amazon bénéficie — pour l’instant encore — d’un traitement de faveur qui sanctionne plus encore les commerces de rue. 

En effet : pour avril 2020, une taxation des GAFAM est prévue par le gouvernement britannique, dans un projet de loi qui fait son chemin. De quoi injecter 400 millions £ à l’économie, sauf qu’en France, Amazon a déjà trouvé la parade, répercutant la taxation identique envisagée par Bercy… sur les consommateurs.


Commentaires
Johnson est un clown mais il sait où il va
Johnson et toute la clique ont un projet clair : faire du Royaume-Uni la colonie économique et financière des USA en Europe. Et inévitablement sous commandement américain, qui sera beaucoup plus lourd à supporter que les règles de l'UE. Mais cela les laisse indifférents, car ils pourront, eux, faire du fric. Tandis que les Britanniques s'appauvriront et seront surexploités.
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