Brexit : l'édition passe de la zone de confort à la bande d'arrêt d'urgence

Victor De Sepausy - 27.12.2017

Edition - Economie - Brexit édition britannique - édition britannique intermédiaire - éditeurs britanniques américains


En tant qu’industrie culturelle, l’édition au Royaume-Uni réalise 57 % de son chiffre d’affaires avec l’export. Comprendre, entre autres, la vente de droits à l’étranger. Avec un marché de 2,9 milliards £, l’avenir que laisse envisager le Brexit sera sombre, et plus encore pour les auteurs, assure le patron de Bloomsbur, éditeur d’Harry Potter.


Banksy does Brexit (detail) #banksy #brexit
Duncan Hull, CC BY 2.0
 

 

L’association des éditeurs l’avait déjà affirmé : le Brexit risque de freiner les ventes et l’export de livres vers le territoire européen. Et à ce titre, de provoquer un cataclysme économique dont le secteur ne se remettra que douloureusement. L’adjonction de taxes, aujourd’hui absentes, coûterait cher aux éditeurs, avec d'autres conséquences que la perfide Albion n’envisage maintenant qu’en tremblant. 

 

Les éditeurs redoutent un Brexit
qui freinerait les ventes et exports de livres

 

Après le Brexit, les auteurs britanniques pourraient tout simplement avec les plus grandes difficultés à décrocher des contrats. Les liens entre UK et Europe accordaient aux maisons d’édition un avantage financier important, dans l’exploitation de droits exclusifs en anglais. Mais même des sociétés américaines comme Simon and Schuster estiment que le Brexit va ouvrir les vannes d’une concurrence effrénée, mettant à mal le confort dont jouit encore l’édition britannique.

 

Quelles conséquences pour les auteurs ? Simple : les éditeurs vont privilégier fort logiquement de gros vendeurs, en proposant des offres commerciales qui seront plus lucratives pour l’auteur. Et cela, simplement pour conserver les droits européens. Une pression financière avec effet de vase communicant : plus d’argent d’un côté, moins de l’autre. 
 

Une concurrence inédite... et redoutée

 

Pour Nigel Newton, directeur général de Bloomsbury, l’avenir est gravé dans le marbre, si aucune réaction n’existe. « Quand la Grande-Bretagne ne fera plus partie de l’Europe, il sera possible qu’elle devienne un marché partagé avec les éditeurs américains, plus ouvert ; comme on le dit. Le risque potentiel est que plus d’éditeurs américains préféreraient venir sur le continent plutôt que de travailler selon les accords actuels. »

 

Et comme l’Europe est la région la plus importante en terme d’exportation, avec 1,2 milliard £ de l’ensemble des titres de langue anglaise. La bataille ne tournera pas en faveur des éditeurs britanniques, qui intervenaient comme un relais entre les USA et l’Europe – notamment par l’intermédiaire des multiples filiales de groupes américains implantées. 

 

Le prix des livres numériques subit
la plus forte inflation du Royaume-Uni

 

Probablement les grands auteurs gagneront plus d’argent, mais les primo-romanciers seront certainement victimes de cette situation. Stephen Lotinga, directeur de la Publishers Association, le rappelle : « Le Royaume-Uni est le premier exportateur de livres au monde et il est extrêmement important que nous ne fassions rien qui puisse saper cet état de fait. »

 

En attendant que les autorités britanniques parviennent à un accord avec la Commission européenne, manifestement, les éditeurs britanniques angoissent. Cité par le Guardian, l’un d’entre eux voit se profiler « un conflit vraiment brutal », entre maisons britanniques et américaines. 


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