Brexit : “Nous sommes tous Européens”, affirment les associations d'écrivains

Antoine Oury - 29.06.2016

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Le monde du livre britannique avait prévenu à de nombreuses reprises : une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne aurait des conséquences fâcheuses. Seulement voilà, le référendum a eu lieu et la sortie du pays de l'Union est désormais programmée. Prenant acte de ce changement politique majeur, la Society of Authors, qui défend les auteurs de l'écrit outre-Manche, se dit déterminée à poursuivre le combat national, européen et international.

 

Brexit Scrabble

(Jeff Djevdet, CC BY 2.0)

 

 

Si la Society of Authors, en sa qualité d'organisation, restait neutre sur la question du Brexit, elle envisageait évidemment la suite des événements une fois la décision prise, qu'elle soit en faveur d'un oui ou d'un non. Nicola Solomon, directrice de la Society of Authors, expliquait ainsi à ActuaLitté que, même si le Royaume-Uni quittait l'Union, le travail se ferait toujours de manière rapprochée avec l'Union européenne et l'international.

 

« C'est dans l'intérêt de tout le monde de disposer d'un droit d'auteur unifié, et, à la Foire de Londres, nous avons pu entendre à nouveau à quel point le commerce international est compliqué avec un droit d'auteur différent dans chaque pays », soulignait ainsi Nicola Solomon.

 

"Cet impact est encore inconnu"

 

Dans un communiqué, la Society of Authors vient de rappeler toute sa détermination à poursuivre la lutte pour les droits des auteurs, au-delà d'une simple perspective locale. « La décision prise par le Royaume-Uni de quitter l'Union européenne déclenche déjà des changements importants sur la situation politique, économique et constitutionnelle du pays », annonce la SoA. « Ces changements auront sans aucun doute un impact sur les membres des organisations d'auteurs du Royaume-Uni. Cet impact est encore inconnu. »

 

Le message est adressé à la Fédération des associations européennes d'écrivains (European Writers' Council, EWC), qui représente environ 160.000 auteurs qui écrivent dans une quarantaine de langues. Il est cosigné par l'Authors’ Licensing and Collecting Society (ALCS, société de gestion collective britannique) et la Writers’ Guild of Great Britain (qui représente les auteurs de Grande-Bretagne).

 

« Nous sommes tous Européens », a répondu la Fédération des associations européennes d'écrivains dans un message signé par le président de l'organisation Nick Yapp, la secrétaire générale Miriam Diocartz et le conseil d'administration de l'organisation. « Pour l'EWC, tous nos membres sont égaux, qu'ils fassent partie de l'Union européenne ou non », a ajouté l'organisation.

 

Le versement de la compensation au titre du droit de prêt à l'ALCS n'est en rien modifié par la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union, a immédiatement indiqué la société de gestion collective. L'autre préoccupation concerne les subventions de l'Union européenne, notamment celles versées pour la traduction d'œuvres. Ces subventions restent ouvertes aux auteurs britanniques pour le moment, mais la Society of Authors indique qu'elle recherche une solution pour garantir « qu'elles resteront disponibles ».

 

Stephen Lotinga, PDG de la Publishers Association, qui représente les éditeurs britanniques, assure que l'association « va travailler avec ses membres pour s'assurer que leurs intérêts sont protégés et que leurs inquiétudes seront prises en compte alors que le gouvernement entre à présent dans les négociations autour du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne ».