Brice Hortefeux ne renverra pas Najet Ghaouti, l'auteure marocaine

Clément Solym - 03.07.2008

Edition - Justice - Najet - Ghaouti - régularisation


Elle était en France depuis 2002, et son roman 'Nour' (paru chez J.C. Lattès) l'avait sacrée plus jeune écrivaine de la rentrée 2005. Seulement, voilà, être talentueux n'épargne en rien de la diablerie administrative. Étudiante à la Sorbonne, Najet avait raté sa quatrième année, pour la seconde fois. N'importe quel autre inscrit aurait pu prolonger son séjour universitaire, mais elle, non. Fin 2007, elle reçut une obligation de quitter le territoire français, parce qu'elle a raté ses examens.

Avant cette date, elle passe le cours Florent, assure la promo télévisuelle de son livre, participe comme assistante de réalisation à Dilop, la goutte d'eau, d'Ahmet Zirek... Bref, elle profiter clairement du système français pour se la couler douce et abuser de l'hospitalité territoriale.

Laissez passer les p'tits papiers

Rendez-vous était pris avec la justice le 2 juillet prochain, pour examiner son cas. Pour les proches, « Najet a rendu publique sa preuve d'intégration en publiant un livre dans une grande maison d'édition », et ce renvoi serait une honte. Mais voilà, certains contes de fées se finissent bien.

Convoquée hier, suite à sa menace d'expulsion, son avocat, Me Pierre-Paul Saulou s'explique : « Ma cliente a reçu cette bonne nouvelle dans un courrier mardi, on ignore si ce revirement est dû à un réexamen objectif de sa situation ou à la peur d'une mauvaise publicité, car le cas de Najet Ghaouti avait bénéficié d'une importante couverture médiatique. »

Régularisation, en bonne et due forme

Sa requête en annulation contre le non-renouvellement de son permis de séjour a bien abouti, lors de la séance au tribunal administratif de Paris. Pourtant, si elle se réjouit de cette conclusion, pas question de jouer les mater dolorosa : « Je ne me place pas en victime, j'ai commis une bourde. » De plus, son activité durant son séjour français n'a pas cessé ; elle avait même donné « des cours de français, pour l'ironie de l'histoire », afin de gérer les fins de mois.

À 22 ans, Najet a donc été régularisée. « Pour moi, la France et le français, c'est la même chose, j'ai trouvé mon élément ici, ailleurs, je suis une étrangère. »