Bridget Jones : RIP Mark Darcy, sans orgueil, ni préjugé

Cécile Mazin - 01.10.2013

Edition - International - Bridget Jones - Mark Darcy - Helen Fielding


Alors comme ça, Helen Fielding a cru qu'elle pouvait se débarrasser du grand amour de sa petite Bridget ? Les réactions des fans survoltés n'étonneront personne : Mark Darcy mort, c'est une Bridget Jones bien loin de cette trentenaire que le public avait pu découvrir que les lecteurs se mettront sous les yeux.

 

 

 

  

 

Les anglophones ont réagi très violemment à l'annonce de cette information, dispersée volontairement sur la toile par l'auteure elle-même. Incarné au cinéma par Colin Firth, le sémillant Mark Darcy était le pilier de la vie sentimentale de Bridget. Elle se retrouve donc mère célibataire à 50 ans passés, et deux enfants à nourrir sur les bras. 

 

Et plus encore, c'est ce côté femme cougar que Fielding a donné à son héroïne qui fait sourire. Sortir avec un petit jeune d'une trentaine d'années, voilà qui n'a pas grand-chose de commun avec ce que l'on avait connu de Bridget. Et suffisamment pour inspirer plus de pitié que de rires, comme c'était pourtant le cas. 

 

Ce bel avocat, très britannique et follement amoureux de Bridget, personnage calqué sur le M. Darcy de Orgueil et préjugé n'est plus, et les fans portent donc le deuil. Et la colère monte, au point que l'auteure peut se demander si le choix aura été bien judicieux que de dévoiler ce pan du livre.

 

Avait-on vraiment besoin de retrouver notre Bridget internationale seule, comme à ses premiers jours ? Le véritable talent de Fielding était de grossir le trait de son personnage pour la rendre bouffonne ou ridicule dans des situations complètement saugrenues - le tout sur fond de questions sociétales réelles, l'obésité ou l'alcoolisme. Et puis, avec Bridget  la chik lit avait vu le jour, genre depuis caricaturé, parodié, manié et remanié... un best-seller, ça donne des envies. 

 

Finalement, verra-t-on débarquer dans la vie de Bridget l'insupportable Daniel Cleaver, que jouait merveilleusement Hugh Grant ? Est-ce là l'ultime, et probablement trop prévisible rebondissement de ce nouveau roman ? « Ma vie a changé, et Bridget va également passer à autre chose aussi. J'espère que les gens auront autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire », assurait Fielding voilà quelques mois, quand on apprenait la sortie du prochain roman.

 

 


 

 

Bridget Jones : Mad about the Boy avait déjà fait parler de lui, dévoilant fin mai une séquence toute particulière, avec une Bridget prise devant son téléphone portable, et dans la découverte des réseaux sociaux. Sa nouvelle règle d'or — qu'elle ne devrait pas tarder à enfreindre c'est certain, est désormais : « NE PAS ENVOYER DE SMS BOURREE ». Une parole de grande sagesse. 

 

Dans un court extrait qui a été révélé, on trouve une autre mise en garde contre les dangers de la technologie. « Un texto est envoyé d'un mouvement de doigt, tels une bombe nucléaire ou un missile exocet. » C'était déjà prometteur...

 

Qu'importe, pour le moment, les fans crient leur colère, leur désarroi : on leur a arraché une partie de cette saga, et certains n'hésitent pas à clamer leur haine définitive de la romancière. Après tout, ce veuvage sera l'occasion de montrer une fois encore, que les héroïnes, dans la fiction, parviennent à nous éclairer sur nos propres rôles dans cette existence. 

 

On ne comptera pas les milliers de messages sur Twitter qui ont agité le réseau, on précisera simplement que l'éditeur vient d'annoncer qu'une campagne d'affichage dans le métro londonien sera lancée, intégrant les messages des fans. Chez Random House, on y voit une chance rare de profiter de cette viralité, et de poursuivre le buzz.

 

« I like you, very much. Just as you are », avait dit Darcy à Bridget. Il faudra apprendre à aimer l'héroïne sans lui.