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British Library ou BnF, les inégalités hommes-femmes persistent

Antoine Oury - 12.03.2018

Edition - Bibliothèques - British Library inégalités - BnF hommes-femmmes - inégalités hommes femmes bibliothèques


Les inégalités de traitement entre hommes et femmes, à des postes égaux, subsistent partout. On les retrouve ainsi au sein de deux établissements patrimoniaux, l’un au Royaume-Uni, l’autre en France. La British Library et la Bibliothèque nationale de France affichent ainsi toutes deux des inégalités flagrantes.


The British Library
(Steve Cadman, CC BY-SA 2.0)
 

La British Library, à Londres, s’est conformée aux exigences du gouvernement britannique et a fait parvenir ses données concernant la rémunération des agents de l’institution. Bilan : les hommes gagnent en moyenne 16,75 £ par heure, contre 15,72 £ pour les femmes, soit une différence de 6,2 %. Bien entendu, rien ne vient justifier cet écart, si ce n’est la discrimination dont les femmes sont victimes, ici comme ailleurs.

 

Quand on s’intéresse aux primes, l’écart est encore plus flagrant, et passe à 25,45 % pour les montants des primes accordées aux femmes et celles accordées aux hommes. De plus, 0,30 % des agents hommes reçoivent un bonus, ce qui n’est déjà pas énorme, mais ce chiffre tombe à 0,12 % pour les femmes... Pourtant, la masse salariale de la British Library est composée à 55 % de femmes, même si les employés présentant le plus d’ancienneté sont à 65 % des hommes.

 

La British Library a assuré que cet écart entre hommes et femmes serait comblé d’ici... 2023, pour le 50e anniversaire de l’établissement. « Nous avons récemment introduit un système de rémunération plus équitable et plus simple, et nous travaillons sur des politiques plus progressistes pour accroître notre flexibilité en tant qu’employeur », a indiqué un porte-parole de la British Library, rapporte The Bookseller.

 

De notre côté de la Manche, la situation n’est pas forcément plus brillante : la Bibliothèque nationale de France affiche ainsi, elle aussi, des écarts entre les agents. « Dans de nombreux cas, les femmes ont des primes inférieures à celles des hommes : 475 €/an de moins en moyenne chez les BAS [bibliothécaire assistant spécialisé, NdR], 330 €/an chez les adjoints administratifs, 310 €/an chez les techniciens d’art…

Concernant les rémunérations des non titulaires, pour les groupes 2, 3 et 4, qui sont les plus nombreux à la BnF (500 personnes équivalents C, B et A), le personnel féminin touche respectivement 145 €, 90 € et 120 € par mois en moins que les hommes de la même catégorie
 », indique le syndicat CGT de la BnF.

 

Comme à la British Library, les femmes représentent la majorité des effectifs de la BnF (57,6 %), mais leur taux de promotion est inférieur à celui des hommes : 5,9 % pour les femmes contre 8,1 %. Enfin, si la BnF est présidée par Laurence Engel et dirigée par Sylviane Tarsot-Gillery, le syndicat note que « les principaux postes à responsabilité de la bibliothèque sont néanmoins occupés par des hommes : ils sont directeurs de directions, de délégations ou de département à 65,7 %, tandis que les femmes sont cantonnées dans l’encadrement intermédiaire (cheffes de services à 58 %) ».
 




Commentaires

Cet article reprend des tracts syndicaux sans réflexion. Quand une profession majoritairement exercée par des hommes devient progressivement majoritairement exercée par des femmes, et que d'autre part, la progression des salaires se fait à l'ancienneté, il n'y a rien d'étonnant à ce que les hommes, qui sont en moyenne plus anciens, soient mieux rémunérés en moyenne.



Si on n'examine pas dans quelle proportion influe l'ancienneté, on arrive à écrire des bêtises comme : "Bien entendu, rien ne vient justifier cet écart, si ce n’est la discrimination dont les femmes sont victimes, ici comme ailleurs." C'est une accusation bien lourde, diffamatoire, et non étayée faute d'analyse.



Par ailleurs, à la BNF, à certains postes élevés, ce sont les hommes qui ont les primes les moins fortes. La sélection des données qui vous arrange pose problème.



Enfin, l'approche du problème est ridicule en ce qu'elle méconnaît des facteurs extérieurs sur lesquels les établissements n'ont aucune prise, à commencer par les choix de carrière des gens.

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