Brooklyn : Vendre une bibliothèque pour payer les travaux du réseau

Cécile Mazin - 22.09.2014

Edition - Bibliothèques - Brooklyn bibliothèque - New York direction - vente établissement


La bibliothèque publique de Brooklyn, à New York, cherche actuellement 300 millions $ pour remettre un nécessaire coup de pinceau, et effectuer de menues réparations dans ses 60 succursales, réparties dans la ville. Problème : la ville n'attribue que 15 millions $ annuellement, pour l'amélioration des bâtiments. Corollaire : il manque 285 millions $ que les citoyens ont choisi d'aller chercher ailleurs. 

 

 

 

 

Les solutions ne manquent pas pour trouver de l'argent, et le collectif où se sont retrouvés des New-Yorkais est d'accord sur le principe de ne pas dépendre des pouvoirs publics. Sauf que la direction de la bibliothèque a choisi de valider la vente à une société privée, Hudson Companies, de sa Brooklyn Heights Branch. Se séparer de cet établissement rapporterait 52 millions $, tout en réduisant, en parallèle, la facture des travaux à venir. 

 

« Sans cette mesure audacieuse, nous avons juste assez d'argent pour répondre aux besoins urgents », insiste Linda E. Johnson, présidente de la Brooklyn Public Library. Proposition validée par la direction générale, et l'on apprend alors que l'immeuble sera détruit pour laisser place à un immeuble de 20 étages que concevra Marvel Architects. Et la bibliothèque ne disparaîtra pas : elle occupera le rez-de-chaussée, avec 1850 m2 de superficie. 

 

40 millions iront alors directement aux projets de rénovation, et durant le temps des travaux, les livres seront stockés dans une église située non loin. 

 

Sauf que... non. Un groupe de protestation s'est érigé contre l'idée de cette vente, considérant, selon Michael DD White, le porte-parole, que vendre la bibliothèque rapportera finalement assez peu et que le projet de substitution ne sera que très inférieur à l'actuelle offre. Et de réclamer qu'une commission d'enquête mette désormais fin aux secrets qui planent autour de l'établissement.

 

Clairement, les responsables entendent profiter de la grande valeur marchande de certains des biens immobiliers dont ils disposent, réaffirme le groupe. Et d'annoncer surtout qu'un audit réalisé par les citoyens de la ville s'organise, qui a pour vocation de dire la vérité sur les agissements autour de la BPL, dénonçant la vente comme un désengagement des pouvoirs publics. Le mouvement réclame surtout que l'on informe vraiment le public sur ce qui se passe à la direction. 

 

La vente du site  de Brooklyn Heights, situé sur Cadman Plaza, était envisagée depuis février 2013, et, déjà, les conditions de cette cession étaient fixées : construire des appartements, à condition, comme nous l'avons dit, de laisser un petit espace pour une bibliothèque. Sauf que l'espace alloué devait être au premier étage, et non au rez-de-chaussée. 

 

Savoir exactement quelles conséquences les usagers vont subir est assez complexe. Les bibliothèques publiques se trouvent dans une situation paradoxale dans ce borough de New York. A l'époque, le coût des travaux à réaliser s'élevait à 230 millions $, mais déjà les décisions semblaient davantage prises en fonction de considérations immobilières plutôt qu'en fonction du bon sens.