Brûler Fifty Shades of Grey, dégradant pour les femmes

Clément Solym - 24.08.2012

Edition - International - autodafé - Fifty shades of grey - Angleterre


Le porno sauvage, ça va un temps. Et les ébats sexuels de Christian et Anastasia viennent de faire monter la moutarde au nez d'un groupe de défense des femmes. Sa directrice appel d'ailleurs à réaliser un autodafé avec les livres, prétextant qu'ils sont dégradants pour la femme et encouragent aux violences sexuelles. Ambiance chaude...

 

D'ordinaire, quand on évoque Fifty Shades of Grey, c'est pour parler de son style assez bancal ou de ses séquences sexuelles très inspirées. Ou alors pour dire que ses ventes battent des records assez fantastiques... EL James, auteur autoéditée, est sortie de l'anonymat grâce à des ventes colossales, confortées depuis par le rachat de la trilogie, publiée chez un grand éditeur américain.

 

 

 

Mais Clare Philipson, directrice du Wearside Women In Need, y voit une expression maléfique. Et pas qu'un peu : elle invite tous les Britanniques à réaliser, le 5 novembre prochain, un feu de joie avec un maximum de livres. « Notre propos n'est pas la représentation graphique du sexe - c'est une relation d'abus, présentée comme une histoire d'amour. Elle normalise les abus, dégrade les femmes et encourage aux violences sexuelles. Il y a bien trop d'abus dans ce livre, et pas seulement d'ordre sexuel. »

 

Des millions de femmes souffrent en secret de violences conjugales, ajoute-t-elle, et il est difficile de croire qu'elles souhaitent que cela continue. Mais le plus grave, c'est qu'une partie du livre ressemble à ce que « Fred West a fait à ses victimes dans sa cave. Je ne vois pas ce qui est érotique à ce titre ». Fred, c'était un homme de 52 ans, arrêté en mars 94, alors que l'on déterrait dans son jardin des cadavres à la pelle, résidant dans la ville de Gloucester. Et des corps de jeunes filles, quand il ne s'agissait pas d'ossements, passablement mutilés.

 

« Il existe une violence émotionnelle et sexuelle sur cette jeune fille [NdR : Anastasia, l'héroïne] de 20 ans, sans expérience sexuelle, qui est persuadée qu'être frappée est amusant », poursuit Clare. Elle apporte le témoignage d'une jeune femme, recueillie pas son association : « Elle m'a dit : ‘Si c'est une histoire d'amour, comment se fait-il que je ne ressentais pas la même chose, quand cela m'arrivait ?'. » D'ailleurs, selon elle, si un homme avait écrit ce livre, il n'aurait pas été publié. 

 

Cinquante nuances de Grey, la chronique

 

Alors, évidemment, brûler les livres, ça rappelle dans un passé proche, le comportement nazi. « Ce que nous disons, c'est que ce livre est mauvais, et que nous souhaiterions le réduire en cendre. Nous n'allons pas brûler la bible ni un ouvrage de philosophie politique, nous brûlerons la représentation d'un homme violent, montré comme un héros romantique. »

 

Ce qui revient dans tous les cas à brûler un livre, veut, veut pas. Le livre, en France, sort aux éditions JC Lattès, 50 nuances de Grey.

 




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