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Bruno Le Maire accepterait la réouverture des librairies, sous conditions

Nicolas Gary - 19.03.2020

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Le géant du commerce voit ses commandes exploser, alors que les salariés se plaignent de mesures de sécurité insuffisantes. Mais en face, les libraires grognent : leurs fournisseurs ont cessé l’approvisionnement en livres, alors que les marchands en ligne sont toujours alimentés. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie vient d’entrouvrir la porte.

Librairie L'Arbre à Lettres
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Invité de France Inter, Bruno Le Maire l’assurait : « Il ne doit pas y avoir de licenciements : nous avons prévu des mesures de chômage partiel massives qui vont coûter environ 8 milliards d’euros sur deux mois. Ils doivent permettre aux salariés de vivre dans la sécurité de leur travail. »

Mais en l’état, pour les librairies indépendantes, c’est la fin automatique de l’activité. Avec pour conséquence, le repli sur Amazon, dont l’activité augmente massivement — avec des risques sanitaires dénoncés par les salariés. Une concurrence déloyale, estiment les premiers, doubles victimes du coronavirus.

Le Syndicat de la librairie française saluait d’ailleurs le civisme de la profession, qui a « suspendu tout service de retrait et de livraison et renoncé à une ouverture lorsque la vente d’autres produits comme la presse les y autorisait ». 
 

Comportement inacceptable


C’est que les librairies, dès l’annonce de la fermeture des établissements non indispensables, ont compté parmi les concernés. Le livre, non indispensable ? Bruno Le Maire, interrogé ce matin, pointe le cas d’Amazon, pour qui une journée non travaillée sera non payée. « Ces pressions sont inacceptables et nous le ferons savoir à Amazon. »

Commerce de première nécessité ? Sachant que l’alimentaire est loin, en France, de représenter la majorité de son activité en ligne, qu’en est-il ? De plus, si le géant américain récupère le chiffre d’affaires et les ventes des librairies, alors, quel avenir pour ces dernières ?
 


« Moi, j’estime que la librairie est un commerce de première nécessité. Je suis prêt à regarder cette question », reprend-il. Actuellement, « Amazon distribue les livres et vous savez l’attachement que j’ai pour les livres. » La question sera donc étudiée avec le ministre de la Culture et le Premier ministre, pour envisager comment réviser cette position.

Mais le principe de sécurité sanitaire reste primordial. « La librairie, c’est un produit qui va passer du commerçant au client […] et ne peut pas être un lieu de rassemblement. Si nous sommes capables, pour les librairies […] de définir des règles strictes pour maintenir l’activité », alors la réouverture pourrait s’envisager.

Comment ? Des clients qui entreraient un par un, feraient leur achat et sortiraient immédiatement. Et ne pas rester dans l’établissement, « parce que c’est là tout le plaisir que de flâner en librairie ».

L’idée serait alors de mettre en place les mêmes modalités de fonctionnement que pour les supermarchés : une distance de sécurité entre les personnes et limiter donc le nombre de personnes dans les commerces.





mises à jours : les réactions aux propos du ministre n'ont pas trainé : 

Réseaux des librairies Initales et Syndicat de la librairies française
“Nous avons hâte de ré-ouvrir nos librairies, pas à n’importe quel prix”

Billet d'humeur (de mauvaise humeur) de la rédaction
Les libraires indispensables à la vie de la nation ? Les morts ne liront plus

Syndicat de la librairie francophone de Belgique
Coronavirus : “Les livres ne sont pas des produits indispensables”

Syndicat des Libraires d’Île de France - CGT
“Hors de question de retourner sur nos lieux de travail”


Commentaires
Il n'y a jamais foule dans les librairies, ni attroupements, les clients se succèdent calmement et sont attentifs et à l'écoute, rien à voir avec le public des supermarchés qu se bousculent! Il serait bien plus logique que nous ouvrions et que Amazon et les hypermarchés ferment! Mais où est la logique aujourd'hui?
Vous lisez trop de sf, les humains ne mangent pas de cellulose!
Les libraires peuvent commander en direct chez nous, ils seront livrés en 48h.

www.JaimeLaLecture.fr
Jamais foule dans les librairies ?! J'en doute il y a tellement de cas différents. En tout cas dans celle où je travaille elle peut efectivement être déserte comme on peut avoir du mal à circuler dedans. Je trouve aberrant ce projet de réouverture. Les personnes manipulent souvent plusieurs livres avant d'en choisir éventuellement. Sans parler des enfants qui peuvent retourner un rayon. Il semblerait que le covid-19 pourrait rester jusqu'à 48h sur du papier....
Cela ne changera rien. Je ne vois pas pourquoi les gens s'y déplaceraient en plein confinement. Le trois quart des gens resteront chez eux (et il auront bien raison) puis commanderont par internet pour se préserver. Là, ils auront à la fois raison et tort. Tort pourquoi ? Car encore une fois, on va demander aux routiers, aux livreurs, aux intermédiaires en tout cas, de prendre des risques démesurés pour le confort des confinés. Inepte. Fermons Amazon. Confinons tout le secteur culturel ou ne confinons rien. Si c'est "rien", alors ça signifie qu'il n'y a aucun danger et on sait bien que c'est faux. En aucun cas, il ne faut mettre autrui en danger. C'est pourtant simple. Xavier, libraire.
Non non et non. Comment justifier le confinement de ce fait ? C est de la pure folie. Sachant que le livre est touché des dizaines de fois et que le virus est présent sur le papier une douzaine d heures. BL veut faire parler de lui ? Veut se la jouer intello avec le livre ? Conscience ouvrez vous !
Plusieurs points me choquent dans cette histoire, et pourtant je suis plus que concerné en tant qu'auteur : des invitations à des Salons ont été annulées, et je viens juste de sortir un livre…



Nous sommes aujourd’hui dans un cas national de santé publique, donc on ne peut plus raisonner individuellement ou par petits groupes, mais mien en tant que Nation.

Oui, j’aime lire, et j’aime qu’on lise mes livres, comme d’autres aiment le tricot, la belote ou la musique. C’est pour chacun un équilibre mental, et se voir privé de sa passion est stressant, donc… indispensable.

Alors, pourquoi le livre serait-il plus indispensable que le cinéma, le théâtre, ou la belote? Pourquoi le lecteur qui, paraît-il, reste l’esprit ouvert grâce à la littérature, devrait-il avoir ce privilège quand il est censé dépasser tout cela puisqu’il est intelligent? Non, je veux mon nouveau livre, na !

Les plus accros, les plus virulents n’ont-ils pas une bibliothèque qui recèle des trésors, des grands classiques ou des auteurs méconnus découverts au hasard d’un Salon du livre on ne sait plus ni où ni quand?



Oui, mais il y a les librairies qui crèvent, et « le géant » dont on tait le nom de peur de subir les foudres rôde. Oui, A… bouffe le marché du livre, mais pas seulement !

Combien de secteurs d’activité est-il en train ou a déjà mis à mort?

Alors, cet argument de sauver les librairies des griffes de A… ne tient plus en termes d’exclusivité et d’urgence absolue. Combien de secteurs d’activité pourraient dire la même chose?



D'ailleurs, on apprend, via livre-hebdo, que le livre n’est plus une priorité pour A… en cette période d'explosion des commandes. On peut lire dans l’article :

« En attendant de pouvoir assumer de fortes hausses de volumes, le groupe a décidé de déclasser plusieurs produits, dont le livre, dans ses livraisons prioritaires. »

https://www.livreshebdo.fr/article/le-livre-nest-plus-un-produit-prioritaire-pour-amazon

Donc, un argument qui ne tient plus, sans parler des dégâts causés dans les secteurs restés prioritaires.



Dernier argument qui m’a choqué : « parce que c’est là tout le plaisir que de flâner en librairie ».

De nombreuses personnes trouvent leur équilibre dans le fait de flâner dans un magasin de prêt-à-porter ou de bijoux, de parfum… Elles y voyagent, rêvent, s’imaginent… quelle différence?

Si, par bonheur, mais aussi par erreur sanitaire, les librairies ouvraient, les lecteurs devraient fêter ça, plutôt que de faire leur « Français » et de râler sur un privilège d’enfant gâté que d’autres n’auront pas, et qui, à n’en pas douter, soulèvera quelques polémiques justifiées.



En attendant, certains libraires et éditeurs (renseignez-vous, fouillez, soyez curieux) sont toujours actifs et livrent à domicile s’il est proche ou expédient par La Poste tant qu’elle fonctionnera.



Cette affaire me rappelle cette femme venue se coller à moi dans la petite file d’attente de l’épicerie de centre-ville qui répondait à mon injonction de garder la distance de sécurité : « mais, je n’ai pas la peste » et à qui j’ai répondu : « vous ne savez pas si je l’ai ».

Allez, on se détend, on cherche un bouquin dont on a toujours dit : « celui-là, j’ai toujours rêvé de le relire »…



Bon confinement à tous.
Tu es auteur ? tu en es bien sûr ? cool cheese
Je pose la même question bien qu'à regret...
En effet, rares sont les lecteurs qui n'ont pas quelques trésors à (re) découvrir dans leur bibliothèque. Pendant cette période singulière, je note les livres qui me font envie, et je passerai commande chez ma libraire (placedeslibraires.fr) dès la fin du confinement. J'invite donc tous les lecteurs à la chasse au trésor à la maison, et à apprendre la patience pour les prochaines acquisitions.
Vu les difficultés que connaissent déjà les rares librairies encore présentes dans les petites villes , on est sûr qu'elles ne survivront pas après un long confinement , nécessaire par ailleurs. Les lecteurs pourront continuer à acheter dans les rayons livres des supermarchés ouverts et, bien sûr, sur Amazone.

Donc il serait souhaitable , avec des conditions de sécurité très encadrées, que les librairies puissent ouvrir.
Trois semaines avant le confinement, j'ai accueilli les clients dans ma librairie en leur offrant du gel hydroalcoolique. Si certains s'étonnaient et acceptaient bien volontiers, d'autres refusaient catégoriquement en me traitant de "parano", de même n'acceptaient pas que nous nous tenions à 1 mètre de distance.

Pour ne pas mettre en danger mes collaborateurs, j'ai donc créé un espace d'accueil de 2m2, et les derniers jours j'ai servi les clients sur le trottoir.

Je ne pense pas que tous les clients soient prêts à respecter les consignes encore aujourd'hui. Si je dois procéder à la réouverture, je ne ferai pas venir mes collaborateurs et servirai les clients sur le trottoir. Les livres ne doivent pas être touchés dans le cadre de cette pandémie. Aujour'hui, aucun de mes collaborateurs n'est atteint.
Communiqué du Syndicat de la Libraire Française le 18 mars 2020

« La poursuite des commandes et des retraits de livres via la grande distribution ou Amazon représente une hérésie sanitaire et une concurrence déloyale et nous appelons le gouvernement à y mettre fin. »



Mais ré ouvrir les libraires le 19 mars 2020, pas de souci...
On se calme !

Amazon ne commande plus et n’expédie plus de livre jusqu’au 5 avril :

https://www.livreshebdo.fr/article/le-livre-nest-plus-un-produit-prioritaire-pour-amazon

#RESTEZCHEZVOUS
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