Bruno Racine président de la BnF : le FSU appelle à la résistance

Antoine Oury - 29.03.2013

Edition - Bibliothèques - BnF - Bruno Racine - Syndicat FSU


Réagissant à la reconduction de Bruno Racine à la tête de la Bibliothèque nationale de France, le syndicat FSU de l'établissement a fait parvenir un communiqué rappelant les faits d'armes du 1er mandat du président, et regrettant ouvertement qu'il soit suivi par un second. Et qui pointe comme principale dérive la création de BnF Partenariats, la filiale commerciale de l'établissement.

 

 

Bibliothèque Nationale François Mitterrand @ Paris

*_*, CC BY 2.0 

 

 

D'après le FSU, la reconduction « à la tête de la BnF [d'] un homme nommé par un gouvernement de droite » est aveu de faiblesse de la part d'un gouvernement socialiste. Il est vrai qu'au cours du Salon du Livre, François Hollande avait légèrement ironisé, sur le stand de la BnF, aux côtés du président : « C'est vous qui m'avez envoyé des pétitions pour que je ne renomme pas Bruno Racine ? »

 

Pour le syndicat, le plus insupportable se trouve bien évidemment dans la commercialisation du domaine public à laquelle va se livrer la BnF, via BnF Partenariats, qui « a récemment permis que des contrats passés avec des entreprises privées transforment du jour au lendemain des documents patrimoniaux libres de droit en marchandise ». Suivent la cession d'une partie des bâtiments au Mk2 voisin, et la réduction des budgets de 3,3 millions €, qui inquiètent les salariés, d'autant plus qu'ils s'ajoutent aux 4,4 millions qu'il s'agit déjà d'épargner.

 

Par ailleurs, les syndicats de la BnF ont organisé une assemblée générale qui a rassemblé plus de 150 personnes, réunies par leur désaccord vis-à-vis de la politique appliquée à l'établissement. Ils ont mis au point une plateforme revendicative en 7 points, communiquée au président dès le conseil d'administration :

1. pour l'arrêt des travaux du haut de jardin (4,9 millions d'euros) alors que la direction exige 7,7 millions d'économie pour l'année 2013

2. pour l'arrêt des suppressions de postes et la création de postes statutaires partout où cela est nécessaire

3. pour des moyens à la hauteur des besoins et des missions de la BnF

4. pour le respect de nos missions (conservation, catalogage, acquisitions, service public…)

5. contre la privatisation de locaux appartenant à la BnF au bénéfice de la société MK2

6. contre la marchandisation de collections publiques numérisées, la privatisation de leurs accès au bénéfice de sociétés privées et pour le démantèlement de la filiale BnF-partenariats

7. contre la multiplication des contrats précaires et la remise en cause des droits des vacataires et pour un large plan de titularisation

 

Du côté de la CGT, on veut « continuer la mobilisation et l'intensifier : un certain nombre de choses vont se décider cette semaine, notamment sur les pistes d'optimisation, qui en sont rien d'autre que l'austérité appliquée à la BnF ».

 

On nous a pourtant expliqué, hier à la télévision, que ce ne serait que pour un an ou deux...

  

  Communiqué de presse du syndicat FSU sur la reconduction de Bruno Racine