Bruxelles : des bibliothèques dépouillées de 12.000 ouvrages

Clément Solym - 13.02.2011

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - bruxelles - livres


La ville vient de finir les comptes de ses bibliothèques : ce sont près de 12.600 ouvrages qui aujourd’hui se sont volatilisés - parfois depuis plusieurs années. Entre amendes et rappels qui se multiplient, les solutions n’ont pas forcément l’effet escompté.

Que faire ? Voilà neuf ans que les bibliothèques de la ville accumulent les retards - ou plus bêtement, les vols de livres - et l’addition commence à prendre du volume, sans jeu de mots. Avec 18 établissements qui font circuler chaque année 500.000 ouvrages, le pourcentage n’est pas dément, en somme, mais le bourgmestre de Louvain a décidé de frapper fort. Il a lancé un appel radiophonique, pour que les 24.000 livres de la bibliothèque universitaire retrouvent leurs étagères.


Pour Marie-Angèle Dehaye, qui dirige le réseau des bibliothèques des Riches-Claires, citée par La Capitale, la situation ne réclame pas de telles mesures. « Il s’agit de livres que les gens ne rendent pas. Pour une partie, par suite de vrais oublis, ou suite à des circonstances spéciales : le décès de l’emprunteur, un déménagement. Mais à côté de cela, il y a le plus souvent la mauvaise volonté. Le vol, quoi. »

Rappels, amendes, etc.


Des disparations malgré tout préoccupantes, souligne-t-elle, contre lesquelles les rappels envoyés quelques jours après le dépassement de la date de prêt, n’ont pas vraiment d’incidence.

« Les Riches Claires est à la fois une bibliothèque locale, qui fait le prêt aux citoyens, principale, qui développe une collection d'appoints pour les communes d'Ixelles et de Saint-Gilles essentiellement, et depuis cinq ans, la bibliothèque centrale qui a un rôle de coordination de la lecture publique pour toute la région bruxelloise », expliquait-elle à La Libre, en 2007, alors que le journal l’avait sacrée bibliothécaire exemplaire.

Après les rappels - environ 650 qui partent chaque semaine, par courrier ou email, cette dernière solution étant de plus en plus favorisée - ce sont les amendes. Il peut en coûter de 5 à 100 €, en regard du prix du livre. Et ce phénomène de volatilisation touche tous types de livres. « Une majorité de fictions, comme les romans, qui reflète la répartition des prêts. Mais il y a aussi des documentaires, ou des livres techniques. » Sans parler des jeunes qui ont la fâcheuse habitude d’oublier les BD empruntées...

Si l’usager ne donne pas signe de vie, il passe sur la black-list. Mais sans que le livre ne revienne cependant à son établissement d’origine.

RFID, or not RFID

Depuis, février 2008, les bibliothèques parisiennes ont accepté de passer à la technologie RFID, afin de mieux gérer les collections et les vols dans les établissements. (notre actualitté)

Une décision qui, quelques mois plus tard, n’emballait pas vraiment le syndicat FSU, qui évoquait alors plusieurs points noirs. « Il est à craindre que le développement de la RFID rajoute à la pollution électromagnétique déjà importante, et dont on ne connaît pas encore l’impact en terme de santé publique pour les années à venir. À l’heure où ce phénomène fait débat dans la société, il est nécessaire de s’interroger également sur les effets de cette technologie. »