Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Budget 2014, "à l'écoute de la culture telle qu'elle se fait" (Filippetti)

Clément Solym - 14.11.2013

Edition - Economie - Aurélie Filipetti - projet de loi de finance - budget de la Culture


En séance à l'Assemblée nationale était discuté le projet de loi de Finances pour 2014. Ce dernier, comme l'a annoncé la ministre de la Culture, « diminue globalement de 2 % », pour répondre à « l'effort de redressement budgétaire indispensable pour l'ensemble de la nation ».

 

 

 

 

Mais la ministre tient à rassurer : les missions fondamentales seront préservées. « J'ai fait des choix, que j'ai eu l'occasion de vous exposer, et qui découlent naturellement de mes priorités. » Elle a donc donné du sens, comme elle avait su l'exprimer dernièrement.

 

 

 

Plus sérieusement : Aurélie Filippetti assure que dans ses préoccupations, préserver la création dans ses différentes déclinaisons - spectacle vivant, arts plastiques, édition littéraire et musique. Dans un second temps, le soutien aux régions et aux grands établissements a été rééquilibré. 

 

« J'ai donc fait porter les efforts sur les opérateurs les plus solides pour préserver les établissements et les structures les plus fragiles. En contrepartie, j'ai souhaité apporter un soutien supplémentaire extrêmement important aux acteurs de l'éducation artistique sur tout le territoire. J'ai aussi soutenu les actions qui garantissent l'emploi et l'activité des entreprises culturelles, notamment dans le domaine des monuments historiques », expliquait-elle hier.

 

Dans un autre domaine, le développement de l'offre légale en matière de biens culturels numériques sera accompagné, doté de « moyens d'une régulation adaptée de l'offre des industries culturelles ». En somme, il s'agit de disposer d'un buget « davantage à l'écoute de la culture telle qu'elle se fait, notamment par et pour les jeunes, en favorisant la création émergente et en accompagnant la transition des secteurs économiques vers le numérique ».

 

Concernant les crédits relatifs aux médias, aux livres et aux industries culrturelles

 

Les moyens consacrés à la politique du livre et de la lecture sont eux aussi consolidés. Les crédits du programme 334 progressent en raison de l'opération de rénovation du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France. Quant au plan extrêmement ambitieux en faveur de la librairie indépendante, que j'ai présenté en mars dernier, il sera financé par le Centre national du livre pour un montant de 9 millions d'euros, via l'Institut de financement du cinéma et des industries culturelles et l'Association pour le développement de la librairie de création. Ce soutien sera complété par un financement de 2 millions d'euros en faveur de la création et du développement des librairies.

En ce qui concerne la lecture publique, j'ai souhaité maintenir les crédits d'intervention au niveau déconcentré à 10,2 millions d'euros, pour favoriser la conclusion de partenariats structurants entre l'État en région – c'est-à-dire les directions régionales des affaires culturelles –, les collectivités territoriales et les associations, ce que l'on appelle les « contrats territoire lecture ».

Pour répondre enfin aux défis de la numérisation, les crédits de 10,48 millions d'euros financeront un ensemble de politiques transversales. En dépit de la diminution de la subvention qui lui est allouée, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet pourra, grâce à un prélèvement sur son fonds de roulement, assumer la continuité de ses missions – la réponse graduée aux téléchargements illégaux et l'observatoire des pratiques numériques, notamment en matière d'offre légale –en attendant leur transfert.

 

Mme Brigitte Bourguignon, rapporteure précise :  

 

L'action « Livre et lecture » a pour objectif de favoriser le développement de la création littéraire, d'encourager la pratique de la lecture et de soutenir la chaîne du livre. Ce soutien passe par un opérateu de l'État, le Centre national du livre, dont le rôle est d'encourager création, édition et diffusion des œuvres littéraires et scientifiques et qui dispose d'un budget important de 36,4 millions d'euros en 2013. Le CNL est aussi l'opérateur dont le fonds de roulement financera à hauteur de 9 millions d'euros l'ambitieux plan de soutien à la librairie que vous nous avez présenté cette année.

 

Ce plan d'un montant total de 18 millions d'euros, dont 7 millions d'euros apportés par les éditeurs, salué par l'ensemble de la chaîne du livre, est totalement financé, comme vous nous l'avez confirmé, madame la ministre ; les engagements gouvernementaux seront donc respectés. Ce plan en faveur des librairies indépendantes permettra en particulier d'apporter une aide majeure dans les deux domaines où les demandes sont les plus importantes : les besoins ponctuels de trésorerie des libraires et la transmission des fonds de commerce.

 

Alors qu'ils rencontrent aujourd'hui beaucoup de difficultés pour accéder au crédit bancaire, les libraires pourront, via l'Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles, l'IFCIC, disposer d'un fonds d'avances de trésorerie. Quant aux transmissions de commerces qui vont s'accélérer avec, prochainement, de nombreux départs à la retraite de libraires, le fonds de soutien à la transmission, créé en 2008 et géré par l'Association pour le développement de la librairie de création, l'ADELC, sera renforcé avec 4 millions d'euros.

 

Notons également l'intervention d'Isabelle Attard, revenue sur la question des écosystèmes verrouillés, pour lesquels la députée souhaite imposer une TVA différente : 

 

Je défendrai demain l'amendement n22 qui vise à distinguer les vrais livres numériques des systèmes verrouillés du type Kindle d'Amazon ou iBooks d'Apple. Ces écosystèmes fermés trompent leurs clients : alors que vous croyez acheter un livre, vous n'achetez qu'une licence de lecture extrêmement restreinte. Ma proposition vise à inciter fiscalement les éditeurs à réellement vendre des fichiers. Les éditeurs français, leaders sur ce marché, seraient ainsi mieux armés pour affronter ces gigantesques multinationales américaines, tout en offrant des produits plus respectueux de leurs clients.

 

Sur un budget de 262 millions €, 96,7 % seront donc consacrés au livre et la lecture, rappelle Sophie Dessus.

 

L'ensemble des débats est à retrouver en vidéo