Budget 2016 : le CNL doit privilégier ses "missions statutaires" (F. Pellerin)

Nicolas Gary - 02.11.2015

Edition - Société - budget CNL - ressources financements - Fleur Pellerin


La Commission des Finances examinait les crédits du ministère de la Culture, dans le cadre du Budget 2016. C’est la commission élargie qui siégeait, en présence de la ministre de la Culture. La rapporteur Virginie Duby-Muller, groupe Les Républicains, interviendra en fin de séance pour évoquer la situation du livre. Des observations et des questions adressées à Fleur Pellerin, qui ne manquent pas de pertinence.

 

Virginie Duby-Muller

 

 

Si l’on constate une hausse de 2,6 % pour la mission Livre et industries culturelles, elle « est trompeuse », note la députée. Et pas question de se laisser abuser. En réalité, il ne s’agirait que de 1,4 % à périmètre constant : les jeux d’écriture ont fait le reste. Il manquerait selon elle 40 millions € à cette hausse encourageante « pour recoller au premier budget du quinquennat ».

 

Et de poursuivre son inventaire à la Prévert, en passant au crible, la filière livre : les contrats territoires-lecture sont ainsi dotés d’1 million € supplémentaire, suite au rapport de Sylvie Robert sur l'extension des horaires de bibliothèques. La nouvelle est bonne, et semble être un succès – dont on rappellera au passage qu’il fut mis en place par Frédéric Mitterrand, en 2010. 

 

Cependant, le Centre national du livre voit diminuer les taxes affectées sur le matériel de reprographie et celle liée à l’édition. À ce titre, la députée demandera à la ministre ce qu’elle compte faire, pour compenser et/ou remédier ces pertes. « Vous le savez, le CNL joue un rôle pivot pour le soutien de la filière, et particulièrement pour les librairies, qui subissent actuellement une crise très importante du marché du livre. »

 

Enfin, la députée déplore la réévaluation du coût total de la rénovation du quadrilatère de la bibliothèque Richelieu, qui passe cette année à presque 233 millions € – alors qu’elle s’élevait originellement à 211 millions €. Si la rénovation est nécessaire, « comment expliquer Madame la Ministre, ce dérapage de 22 millions € et ces difficultés de gestion budgétaires ? »

 

 

 

Fleur Pellerin, qui sortait à peine de la présentation du rapport sur les horaires d’ouvertures de bibliothèques, a pris le temps de répondre à différents points. Il est intéressant de noter que les modes d’accès à l’audiovisuel ont été profondément modifiés depuis une dizaine d’années, de même que les œuvres de l’esprit et de l’écrit. Or, si les questions de financement sont totalement différentes, « aujourd’hui, une partie croissante de la valeur ajoutée est perçue et captée par des acteurs qui ne sont pas régulés ». 

 

Sur les ressources du CNL, effectivement en baisse, plusieurs choses : d’abord un rapport commandé par Valois sur la gestion du Centre. Ensuite, la ministre a pris le parti de définir des choix budgétaires stratégiques qui seront appliqués à la fin de l'année, pour « construire un budget pour 2016 », à présenter au conseil d’administration. « À mon sens, ces choix doivent accorder une priorité, au moins relative, aux interventions relevant des missions statutaires du CNL – aide aux auteurs et aux éditeurs, aux librairies et à la vie littéraire. » 

 

Ces choix pourraient avoir des conséquences évidemment sur d’autres postes. Ensuite, à partir des conclusions du rapport du CGEFI et de l’IGAC, d’autres pistes « plus structurelles » pourront être engagées. Au cours de l’année 2016.