Buenos Aires, rouge tango, 'bien plus grand que cela'

Clément Solym - 19.03.2011

Edition - Société - buenos - aires - alicia


Camus disait de Buenos Aires que c'était « d'une rare mocheté ». À chacun de le comprendre comme il le veut. Gilles Heuré anime cette conférence dans le Café Buenos Aires, sûrement le stand le plus chaleureux du salon qui abrite entre ses murs aux couleurs chaudes les écrivains Elsa Osorio, Alicia De Arteaga et Juan Jose Sebreli...

La conférence débute sur cette idée de difficulté de dépeindre la ville sujette à tant de changements, d'influences, de crises, de multiples facettes qui font de Buenos Aires une capitale fascinante, cette année mise à l'honneur.

Mais d'où viennent les Argentins? Du bateau !

Alicia De Arteaga précise qu'aucune ville n'est facile a analyser, la réalité est ailleurs, elle échappe au regard des sociologues. La globe-trotteuse use d'une écriture instantanée, qui capte les mouvements, les accidents, les rencontres. La journaliste au parcours étonnant (Prix Konex du journalisme spécialisé, Ordre du chevalier des arts et des lettres du Brésil) fait preuve de curiosité envers les choses quotidiennes, consciente de la condition éphémère des choses.

Elsa Osorio donne au tango une véritable place et fonction de personnage dans son roman éponyme Tango écrit en 2007. Si le gris est la couleur de Paris (dixit Alicia Atreaga), celle attribuée à Buenos Aires est le rouge tango. Un rouge un peu sombre, un peu noir. Un reflet particulier du drame éprouvé par la ville qui est aussi présent dans la danse. Elsa Osorio partage cette anecdote d'une jeune femme de l'institut français de Buenos Aires qui voulait s'inscrire dans un cours de tango, voici ce que la professeur lui répondit : « Non, vous n'êtes pas argentine, vous n'avez pas souffert, vous ne pouvez pas danser le tango ! »

Aujourd'hui encore, malgré le rock et la télévision qui envahissent la ville, le tango résiste et fait toujours partie de l'identité actuelle de la ville. Elsa Osorio raconte avec amusement les couples étranges que la danse crée (le temps de quelques pas...)

Buenos Aires, le Paris de l'Argentine

Les auteurs évoquent leurs écrivains français préférés: Arteaga écorche le nom de Muriel Barbery avec L'élégance du hérisson. Osorio lance un évident « Balzac ! » et Sebreli cite Sartre, comme père spirituel, et Simone De Beauvoir qu'il a tous deux rencontrés à Paris lors d'un de ses voyages.

La dictature de 1930 est l'une des cicatrices de Buenos Aires, mais contrairement au Chili, l'Argentine ne dissimule pas ses plaies mais les expose au grand jour et cherche encore son identité...

Après la conférence, Alicia De Arteaga confie aux chanceux encore là pour l'écouter que la ville est aujourd'hui en pleine expansion, que l'insécurité est toujours présente et que le tourisme se développe. Mais il ne faut pas s'inquiéter, elle nous assure que le cœur de la ville est encore là et bat pour ceux qui veulent bien l'écouter. La conscience de la conservation est bien là et le patrimoine sera défendu. Elle me confie par ailleurs son plaisir de découvrir le salon qu'elle trouve à la « bonne dimension » et « intime »

« Oui, Buenos Aires est bien plus grand que cela ! »


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