Bukowski : "Vous voyez que je ne suis pas cher. Une vraie pute."

Clément Solym - 09.07.2013

Edition - International - Charles Bukowski - lecture de poèmes - négociations commerciales


On connaît Charles Bukowski en France, pour avoir été le premier auteur à rendre furieux Bernard Pivot, en direct de l'émission Apostrophes. Mais à l'occasion, l'écrivain ne manquait pas non plus de bons conseils pour réussir une lecture de poèmes. En octobre 1971, il envoie un courrier pour accepter un rendez-vous, sans omettre ses honoraires et les frais de déplacement. Pour un Bukowski, comptez donc 200 $...

 

 

 

 

C'est en Floride que doit se dérouler la lecture, explique-t-il, demandant qu'un vol de Los Angeles où il réside, vers la Floride lui soit réservé, et payé, ainsi que les frais de de transfert entre l'aéroport et la ville. Ainsi qu'une chambre, bien entendu. 

 

Cette lettre est intéressante à plus d'un titre, parce qu'en 1969, Charles écrit à son éditeur, John Martin, qui travaille chez Bloack Sparrow Press : « J'ai deux choix : rester dans ce bureau de poste et devenir fou, ou rester ici, jouer à l'écrivain et mourir de faim. J'ai décidé de mourir de faim. » Deux ans plus tard, Bukowski est décidé à ne plus trop mourir de faim. 

 

D'ailleurs, entre ses déclarations de 1969 et cette lettre, se sont écoulées deux années, et surtout vingt nuits durant lesquelles il a écrit son premier roman, Post Office.  Et il ne perd pas non plus la veille concurrentielle : « [Wystan HughAuden obtient 2000 $, [Allen] Ginsberg, 1000 $, vous voyez donc que je ne suis pas cher. Une vraie pute. » (via Open Culture)

 

Pour le plaisir des yeux, cette vidéo, The Last Straw, est un DVD documentaire présentant la dernière lecture de poèmes réalisée par Charles Bukowski. Une performance enregistrée dans les années 80.