C'est désormais prouvé, il faut lire plus pour gagner plus

Joséphine Leroy - 31.05.2016

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C’est une étude qui le dit. Des chercheurs en économie de l’Université de Padoue, en Italie, expliquent l’influence des livres de notre enfance à la période stabilisée où l’on exerce un métier. Selon les chercheurs, être entouré de nombreux livres pendant l’enfance serait le signe annonciateur d’une bonne situation professionnelle. 

 

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(Erik Schepers / CC BY-NC 2.0)

 

 

Les économistes de l’Université de Padoue, en Italie, ont pris comme objets d'étude 6 000 hommes nés dans neuf pays européens entre 1920 et 1956. Ils les ont classés dans plusieurs catégories : ceux qui avaient 10 livres ou moins à la maison, ceux qui avaient une étagère, ceux qui avaient une bibliothèque avec plus de 100 livres, deux bibliothèques, ou plus de deux. 

 

Giorgio Brunello, Guglielmo Weber et Christoph Weiss ont mis en perspective ces données avec les situations personnelles des sondés, ceux ayant grandi dans un territoire rural n’ayant pas eu les mêmes conditions d’éducation que ceux ayant grandi dans un territoire urbanisé. En plus de ces données, les chercheurs ont demandé aux sondés de dire si, à l’âge de dix ans, ils étaient entourés de peu ou de nombreux livres. 

 

Et si les réformes scolaires ont permis beaucoup d’évolutions chez les individus ayant grandi dans la ruralité, ceux qui, parmi eux, étaient entourés de livres, ont tendance à poursuivre davantage leurs études que les autres. Or, un an d’étude supplémentaire augmenterait en moyenne de 9 % les revenus à l’âge adulte. Ceux qui, en revanche, n’ont pas grandi avec beaucoup de livres (ville et campagne confondues) n’augmentent leurs revenus que de 5 %, contre 21 % pour ceux qui ont lu un grand nombre de livres. 

 

Par ailleurs, l’étude laisse entendre que plus un jeune grandit avec des livres dans son environnement, plus il a tendance à déménager dans des villes où les opportunités professionnelles sont plus nombreuses, contrairement aux autres. « Une part non négligeable d’Européens de 50 ans ou plus a grandi dans un ménage avec au moins une étagère de livres (sans livre scolaire) », indique Guglielmo Weber, l’un des chercheurs. 

 

« Peut-être que les livres comptent parce qu’ils encouragent les enfants à lire plus et la lecture peut avoir des effets positifs sur les résultats scolaires... En même temps, un foyer rempli de livres indique une situation socio-économique supérieure », tempèrent les chercheurs. Et c’est peut-être en ce sens que l’on peut comprendre le résultat de cette étude. « De ce point de vue, on peut dire que les livres sont comme des diamants, éternels », conclut le chercheur. 

 

Encore faut-il, après ses études, avoir la chance de trouver un emploi... Mais cela évitera peut-être à vos enfants de devenir des écrivains à succès, ces individus qui ne font « travailler personne », d'après Laurence Parisot.

 

  The Economic Journal

 

via The Economic Journal