C'est la semaine de la lutte contre la censure !

Clément Solym - 26.09.2011

Edition - Société - livres - bannis - semaine


La semaine des livres bannis, cette semaine aux États-Unis, se présente comme la semaine de la défense de la liberté d'expression, des tolérants contre les extrémistes de tout poil.

La censure est un danger, il faut la combattre. David L. Ulin, du LA Times, proposait en 2008 un point de vue plus modéré que celui de cet élan d'auto-congratulation démocratique et libérale.

 

Cette année encore aura été propice à la censure, non pas dans une dictature arriérée et ignorante d'un pays pauvre et illettré, mais aux États-Unis. L'homosexualité, le racisme, la critique des religions, la sexualité explicite, le sexisme, les raisons ne manquent pas.
 

 
 

Nous sommes encouragés à défendre les œuvres d'Huxley et d'Ellen Hopkins contre ceux qui les lisent au premier degré et n'acceptent pas que cela choque leur morale. Il faut défendre les pingouins de Peter Parnell et Justin Richardson contre ceux qui ne supportent pas de voir des pingouins homosexuels adopter et élever un bébé pingouin.

 

Mais, au nom de cette même liberté d'expression, défendrons-nous aussi vivement la publication de Mein Kampf ? Avec la semaine des livres bannis, non.

David L. Ulin fait remarquer qu'une telle semaine endort justement la vigilance contre la censure car elle donne le sentiment que les distinctions sont claires et le problème facilement tranché : « Cela réduit le territoire de la censure à un domaine qui nous semble clair et nette, au lieu de nous ramener aux ambiguïtés de notre morale. »

 

Ceci dit, une telle semaine est très utile pour mettre sur la place publique et polémiquer sur des questions à l'évidence ouverte. Twilight pour les jeunes enfants : pour ou contre ?

Via le LA Times Le site de l'événement en anglais