Cafouillage : Alain Kouck président du SNE, élu ou nommé ?

Clément Solym - 23.03.2010

Edition - Société - Alain - Kouck - présidence


Bon, mais il se passe quoi depuis vendredi ? D'abord, on apprend qu'Alain Kouck PDG d'Editis est nommé à la présidence du Syndicat national de l'édition, ensuite que Hachette conteste une élection fantôme. Puis finalement démissionne temporairement du Bureau.

Ce n'est pas la première fois que Hachette menace de le quitter, certes, mais ce qui est certain, c'est que personne n'y voit clair dans cette histoire. Et le communiqué diffusé par Serge Eyrolles et accompagnant l'article de Livres Hebdo hier ne fait qu'ajouter à la confusion. « Mais il y a eu une élection, ou non ? », nous demande un éditeur.

Difficile à dire. Manifestement, il semble que durant la réunion du 17 mars une solution ait émergé : elle consistait à faire alterner Arnaud Nourry et Alain Kouck à la tête du SNE, pour ce que l'on désignait comme une « présidence tournante » de deux ans. La nomination d'Alain Kouck venait en premier, ensuite celle du PDG de Hachette, qui selon le communiqué émanant de Serge Eyrolles (à titre personnel ? Pas celui de président du SNE ?), aurait dû présenter, « lors du renouvellement du Bureau en juin 2011 », sa candidature.

Or dans ce fameux communiqué, dont il est bien compliqué de savoir d'où il provient, on peut distinctement lire :
Serge Eyrolles ayant souhaité quitter la présidence du SNE, le syndicat a décidé d'instaurer une nouvelle gouvernance, qui se traduira par une présidence tournante tous les deux ans. Dans l'immédiat, c'est Alain Kouck qui lui succédera comme président, à une date qui doit être définie par le Bureau.
Oui, mais c'est très joli tout cela, sauf que l'on ne nomme pas un président, selon les statuts du SNE, on l'élit. Ce qui peut sembler assez logique, somme toute. (voir à ce titre l'article 9 des Statuts du syndicat)

Si la « présidence tournante » semble bien avoir été abordée, nos sources nous expliquent qu'elle ne faisait partie que des possibilités envisagées au cours de la réunion et non de la solution entérinée. La question de l'éditeur revient alors avec pertinence : « Y'a-t-il eu élection ou nomination ? »

Un président, une image, une force...

Aucune réponse. Ou alors dans la journée ? Ce qui est certain, c'est que le poste de président du SNE n'est pas à prendre à la légère, quand bien même certains peuvent lui reprocher un manque de vigueur. De fait, celui (ou celle) qui occupera cette place devient l'un des interlocuteurs privilégiés de la rue de Valois. Et pour discuter sérieusement avec le ministère de la Culture, autant avoir une image qui assoie un certain pouvoir. « Il faut construire une image au président, lui donner les appuis qui assureront la force de sa fonction. Mais on ne sait ni quoi dire ni quoi faire actuellement. Comment doit-on communiquer », nous explique-t-on.

Quid alors de l'image que le nouveau président va faire rejaillir, si les conditions de son accès au poste sont aussi floues qu'un quai de la Tamise un soir de pic de pollution à Londres ? Très bonne question, merce de l'avoir posée. Mais ce n'est pas tout : ce jeudi 25 mars, une conférence doit être donnée pour l'inauguration du Salon du livre de Paris 2010. Qui se tiendra sur l'estrade pour le discours ? Alain Kouck ou Serge Eyrolles ?

Et l'inauguration du Salon, qui la fera ?

Selon nos sources, Serge Eyrolles, bien qu'Alain Kouck soit, selon Livres Hebdo, en fonction depuis le vendredi 19 mars, pourrait conserver son poste durant quelques jours encore et assurer son rôle. Mais cette conférence elle-même serait mise en suspens, alors qu'elle doit survenir dans... deux jours, oui, c'est tout à fait cela. Et les problématiques liées à cette élection n'en reste pas moins vraies.

Alors ? Alors, on attend la fin de la réunion de ce matin...