Calixthe Beyala recevra 40.000 € de Michel Drucker

Clément Solym - 13.01.2011

Edition - Justice - beyala - drucker - justice


Le procès durait depuis un bon moment, il vient d'aboutir à la condamnation de Michel Drucker, que la cour d'appel de Paris a frappé d'une amende de 40.000 €, en dédommagement de la biographie écrite par Calixthe Beyala, en 2006.

Déboutée en juillet 2009, l'auteure avait subi de plein fouet le verdict du Tribunal de Grande Instance. Ce dernier avait estimé que « le travail de Mme Beyala n'est donc qu'un travail technique et elle ne peut revendiquer une quelconque qualité d'auteur ». Et ainsi, l'avait condamnée à 1 euro de dommages-intérêts en faveur de Michel Drucker.

Et pas question de toucher les 200.000 € réclamés au titre de dommages-intérêts. L'avocat de Michel Drucker, Me Jean-Pierre Mignard avait vu dans cette procédure une « stratégie perverse et sournoise de Mme Beyala ». (notre actualitté)

Mais l'intéressée ne l'avait pas entendu de cette oreille : « Mon avocat et moi n'avons pas réclamé de droits d'auteurs. Nous voulions que je sois payé pour un travail que j’ai effectué. Ce qui n'est pas du tout la même chose. La juge entretient la confusion dans l'esprit du public en parlant de droits d'auteurs alors qu'il s'agit d'un livre qui n'allait pas être à mon nom, mais au nom de Michel Drucker. La juge est-elle une spécialiste de la littérature ? A-t-elle fait appel à une spécialiste de la littérature pour savoir que le manuscrit n'était pas empreint de mon style ? Je ne crois pas. »

Retournement de situation


Le verdict rendu par la cour d'appel renverse donc la tendance. Pour le tribunal, Calixthe Beyala a effectivement « oeuvré à la composition du manuscrit ». Et l'AFP d'ajouter que sur les douze questions posées par le tribunal, portant sur sa participation à l'oeuvre l'auteure répondait bien à la totalité. Le TGI n'avait à l'époque retenu que trois réponses, sur les 12.

De la sorte, l'animateur est contraint de verser 30.000 € de dommages-intérêts et 10.000 € en remboursement de frais juridiques.

Enfin, et le plus dur, c'est que la cour d'appel estime bien que la relation entre les deux personnes, qualifiée d'intime, validait pleinement « l'impossibilité morale » dans laquelle se trouvaient Calixthe, de réclamer que lui soit payée sa contribution au livre.