Cameron régule la pornographie, les romans érotiques en danger ?

Antoine Oury - 22.07.2013

Edition - International - David Cameron - pronographie - réglementation


David Cameron l'a annoncé en grande pompe : la pornographie sera désormais régulée sur l'Internet britannique, pour le bien des bambins outre-Manche. Un projet quelque peu ambitieux, qui souhaite faire participer Google, Yahoo et d'autres moteurs de recherche à un vaste filtrage des résultats, en bannissant les sites douteux. Question : Fifty Shades en streaming aurait-il pu passer les ciseaux des censeurs anglo-saxons ?

 

 

 

 

Le premier ministre David Cameron souhaite interroger chaque internaute britannique afin de savoir si celui-ci souhaite obtenir des résultats de recherche incluant des sites pornographiques : un projet quelque peu ambitieux, mené main dans la main avec les autorités américaines, pour protéger les enfants. Cameron en appelle également à la création d'une liste noire des termes recherchés et disponibles sur les moteurs de recherche.

 

Une annonce assez étrange, dans la mesure où tout le monde ne s'accordera pas sur le degré de pornographie d'un contenu diffusé sur le Web. Avec les mêmes moyens, le gouvernement britannique entend bannir les contenus pédopornographiques, après l'établissement d'un lien - qui vaut ce qu'il vaut - entre profils de meurtrier de haut vol et d'amateur de pornographie infantile.

 

Bien entendu, Fifty Shades ne rentre pas dans cette dernière catégorie, mais pourrait tout à fait tomber pour pornographie et contenus douteux, puisque les relations sexuelles décrites dans l'ouvrage ne sont pas toujours consenties - du moins, pas totalement. « L'érotisme n'est pas de la pornographie, et donne l'opportunité aux hommes comme aux femmes d'explorer leur propre sexualité » rappelle toutefois Tracey O'Hara, auteure spécialiste du genre.

 

« Il faut un certain équilibre, utiliser des mots réels pour décrire des choses réelles, sinon le résultat final aurait simplement l'air grossier », poursuit-elle : dans l'évocation de l'acte sexuel, l'écriture érotique devrait donc se focaliser sur le factuel, et assez peu dans les métaphores, pour donner à voir la scène, et fournir quelques raisons de s'exciter. 

 

En somme, comportant des éléments ouvertement grivois, les romans érotico-pornographiques pourraient très bien passer sous le coup de la réglementation de Cameron. D'autant plus que le genre est particulièrement en vogue, avec de nombreux émules chaque jour. Parmi celles et ceux qui s'essayent au genre, les USA ont trouvé « leur » E.L. James en la personne de Jodi Ellen Malpas, auteure de la trilogie This Man. D'après The Daily Mail, la jeune mère de famille virerait écarlate quand on évoquerait les scènes de sexe de son livre...

 

UK/USA, même puritanisme ?