Camus en ebook : 'Gallimard respecte le droit d'auteur du Canada'

Clément Solym - 27.01.2011

Edition - Société - numeriser - camus - domaine


En proposant l'intégralité des oeuvres de Camus en version numérique, Jean-Michel Tremblay, fondateur de la bibliothèque Les Classiques des sciences sociales remplit une mission simple. Donner accès aux oeuvres.

Et en vertu du droit d'auteur canadien, qui précise que les textes tombent dans le domaine public 50 ans après la mort de leur auteur, voilà que Camus se retrouve intégralement dans sa bibliothèque.

Sans réaction aucune de la France ? « En fait, l'avocate de Gallimard m'a contacté. Elle m'a assuré que la maison respectait la législation sur le droit d'auteur du Canada. Cependant, il m'a tout de même fallu retirer Les Cahiers Albert Camus, qui sont des oeuvres publiées bien après sa mort, en 1960. À ce titre, les textes ne seront disponibles que 50 ans après leur parution, comme le souligne la loi », nous explique-t-il. (notre actualitté)

D'autre part, il s'est engagé à faire figurer une mention précisant les conditions d'utilisation et de téléchargement des oeuvres présentes. Histoire que les internautes soient avertis de ce qu'ils ont le droit ou non, de faire. (voir le site)


D'autres grands noms de la littérature française arriveront, probablement dans les mêmes conditions. Ainsi, ce sera au tour de Merleau-Ponty, dans le courant de l'année, puis de Bachelard, l'an prochain. Toute une entreprise de numérisation qui a débuté en 1992, et s'est ensuite diffusée sur internet à partir des années 2000.

« Je travaille encore avec un vieux scanner et numérise les oeuvres page après page. Ensuite, je passe par un logiciel de reconnaissance optique de caractères pour vérifier que les fichiers sont corrects. Enfin, il faut une relecture attentive et minutieuse, parce qu'il subsiste toujours des erreurs. Face à cela, effectivement, Google numérise avec des machines puissantes qui valent plusieurs dizaines de milliers d'euros, mais je fais un travail artisanal, là où ils font cela de manière industrielle. »

Une patience certaine, une volonté de redynamiser les sciences sociales et de donner accès aux textes.... « Elles représentent une manière d'appréhender le monde, de mieux le comprendre. Depuis les Antilles, en Afrique, les gens peuvent lire des textes qu'ils n'auraient pas pu découvrir autrement. » Et certains auteurs lui font même confiance au point de refuser une réédition de leurs textes en version papier, pour s'assurer que leurs oeuvres bénéficient d'une plus grande diffusion, par internet. Et surtout, exerce leur influence dans le monde entier.

Mais loin d'être un geek, Jean-Michel Tremblay est avant tout un passionné des livres, de leur apport. « L'informatique, c'est juste un outil plus commode... »

Une profession de foi.