Camus prend sa revanche sur les planches marseillaises et aixoises

Julien Helmlinger - 05.11.2013

Edition - International - Albert Camus - Théâtre - Aix-en-Provence


Centenaire à rebondissement pour la naissance d'Albert Camus, ce 7 novembre 2013. Si les polémiques ont privé la figure littéraire de grand hommage national, ayant contraint la ville d'Aix-en-Provence à opter pour une exposition moins ambitieuse que celle initialement prévue, c'est sur les planches marseillaises et aixoises que l'homme révolté prendra sa revanche. Sur scène, comme le rapporte l'AFP, seront jouées en l'honneur du Nobel une création, L'Etranger, ainsi que deux oeuvres théâtrales, Les Justes et Caligula.

 

 

 (CC by 2.0) par Mitmensch0812

 

 

Trois rendez-vous théâtraux célébreront l'écrivain. L'Etranger, chorégraphie inspirée du célèbre roman d'Albert Camus, sera joué au Théâtre du Jeu de Paume d'Aix-en-Provence du 6 au 9 novembre prochains. La réalisation en a été confiée au chorégraphe-dramaturge Pieter C.Scholten ainsi qu'à Emio Greco, danseur et chorégraphe. Le spectacle verra Emio Greco accompagné d'un chanteur anonyme qui lance des appels tel un muezzin en haut d'un minaret.

 

Comme le présente le directeur de théâtres, Dominique Bluzet : « L'Etranger est un livre sur la solitude et la lumière, je me suis toujours demandé comment raconter cette histoire, difficile à monter en pièce car le spectateur a besoin de fabriquer ses propres rêves intérieurs. »

 

Au théâtre du Gymnase à Marseille, Dominique Bluzet a choisi de présenter la première version de Caligula, en coproduction avec l'Avant-Scène, le théâtre de Colombes, où la pièce a été montée en novembre 2011 par Stéphane Olivié Bisson. A voir du 10 au 14 décembre.

 

Selon son metteur en scène, la pièce présente « un homme investi du pouvoir suprême, aux frontières troubles de la divinité, qui s'acharne à vouloir atteindre l'absolu, convaincu de pouvoir l'approcher [...] C'est une pièce de théâtre impossible racontant le dialogue d'un seul homme au-dessus du vide, n'écoutant et n'entendant rien autour. Il se donne à lui-même la réplique comme pour accélérer sa vitesse et apercevoir sa fin comme une libération. »


Les Justes, pièce présentée quant à elle du 18 au 20 décembre au théâtre du jeu de Paume, à Aix-en-Provence, est le fruit d'une co-production entre le théâtre belge de la Place de Liège ainsi qu'un théâtre palestinien. Elle sera entièrement jouée en arabe, sous-titrée en français.


Son jeune metteur en scène palestinien natif de Liège, Mehdi Dehbi pour qui Camus reste un « exemple éclatant de la poésie révolutionnaire », présente : « Le point de départ d'une révolution, quelle qu'elle soit, est toujours l'étouffement d'un peuple et la soumission de sa liberté par un pouvoir en place. [...] La cause poétique m'intéresse bien plus que la cause politique. Le poète révolutionnaire aura toujours raison du monde puisque sa lutte est morale et pacifique. »