Canada : 2013, année de l'autoédition pour les auteurs

Nicolas Gary - 02.01.2014

Edition - Economie - autoédition - Canada - année 2013


L'année 2013 aura été celle de l'autoédition au Canada, promet The Star, qui dans un long article présente les résultats cumulés sur cette année. Selon les estimations, quelques centaines de milliers de livres ont été autopubliés cette année, un nombre significatif, en comparaison des quelques 30 à 40.000 ouvrages publiés par les maisons traditionnelles, au cours des douze derniers mois. 

 

 

Canada Wins GOLD!

s.yume, CC BY 2.0

 

 

Et bien entendu, c'est la popularité présumée des appareils de lecture qui serait à l'origine de cet engouement éditorial, puisque jamais il n'aura été aussi simple de mettre en vente un livre numérique. Mark Lefebvre, responsable de la section autoédition chez Kobo, indique que le catalogue d'auteurs indépendants est au moins de 250.000 personnes, contre moins d'un quart l'année passée encore.

 

Mieux : 50 des meilleures ventes Kobo durant 2013 entre 5 et 10 proviennent de la plateforme de commercialisation numérique, Writing Life. Un phénomène qui prend une telle ampleur que la Writers' Union of Canada (l'Union des écrivains du Canada) a, pour la première fois depuis ses quarante années d'existence, envisagé de s'ouvrir aux auteurs indépendants. Un referendum envoyé à ses membres pour déterminer si cette idée était validée par la majorité, doit le définir prochainement, explique Dorris Heffron, la présidente.

 

C'est qu'à une époque où un indépendant peut générer des milliers de ventes en l'espace de quelque temps, les critères de recrutement des membres de la WUC avaient probablement besoin d'être révisés. Brittany Turner, porte-parole d'Amazon Canada, enfonce le clou : « Il y a des auteurs qui font des centaines de milliers de dollars chaque année », et de citer Hugh Howey, l'une des dernières grandes réussites en matière d'autoédition. Ses livres se retrouvent actuellement en librairie au côté d'auteurs comme John Grisham, après avoir été acheté par Simon & Schuster, et publiés en France chez Actes Sud...

 

Alors bien entendu, 2013 fut l'année miraculeuse, mais l'offre va devenir plus dense désormais, et la croissance sera moins assurée pour les auteurs. Si les services proposés par les sociétés se diversifient, depuis la commercialisation numérique en passant par l'impression à la demande, les critères qualitatifs seront de plus en plus élevés, et les auteurs indépendants auront à se professionnaliser, dans leur relation avec les lecteurs, et dans la communication autour de leurs livres.

 

Bien entendu, l'Association of Canadian Publishers (Association des éditeurs canadiens), ne voit pas dans l'autoédition une solution d'avenir à long terme. Malgré les incursions de certains groupes éditoriaux américains, comme Penguin ou Simon & Schuster, qui ne seraient qu'anecdotiques. Carolyn Wood, la directrice, relativise l'enthousiasme de cette méthode de vente, qui ne serait d'ailleurs pas même une opportunité pour les éditeurs eux-mêmes. 

 

Les exemples comme Fifty Shades of Grey ne sont encore que très rares, et « tous les livres publiés ne sont pas des Stephen King ». Et finalement, il ne serait pas plus simple qu'auparavant de parvenir à réaliser des ventes, en dépit des solutions numériques. Chose qui reste à démontrer : plus d'offres que jamais, ce sont aussi plus d'opportunités de lectures...