Canada : Conrad Black attaque Random House pour diffamation

Clément Solym - 25.06.2012

Edition - Justice - Conrad Black - Random House - justice


Conrad Moffat Black n'est pas né de la dernière pluie : financier et biographe, il avait été condamné en 2007 à six années de prison. Il est libéré sous caution en juillet 2010, et depuis, les péripéties juridiques vont de Charybde en Scylla. Dernièrement, c'est un recours de ses avocats qui a été déposé, pour vice de procédure. (voir La presse)

 

Mais le bonhomme fait feu de tous bois, et alors que ses ennuis avec la justice pour quelques problèmes financiers sont toujours d'actualité, ce dernier a décidé de poursuivre l'éditeur Random House Canada pour diffamation. Chose étonnante, alors que le bonhomme avait assuré qu'il ferait profil bas. Mais face à la calomnie, impossible de rester de marbre. Et surtout, c'est un montant de 1,25 million $ CA qui a été réclamé contre RH et son éditrice et vice-présidente, Anne Collins, ainsi que deux autres membres de la maison. 

 

Selon le National Post, plusieurs passages d'un livre publié par Bruce Livesey, l'auteur, dans Thieves of Bay Street présentent Conrad Black comme un bonhomme ayant agi dans le mépris le plus complet du Canada. 

 

Ainsi, on peut retrouver, par exemple, cette phrase d'Eric Sussman, qui avait dirigé les poursuites en 2007. « Le fait que le gardien de sécurité soit endormi ne signifie pas que vous pouvez piller la banque. Black était au courant que les administrateurs ne faisaient pas attention », expliquait-il dans le discours d'introduction au procès. 

 

L'ouvrage comptait d'ailleurs parmi les trois derniers ouvrages en lice pour le prix National Business Book Award de Toronto, le 28 mai dernier. Le livre, classé en non-fiction, comporterait des passages « qui sont diffamatoires », explique la plainte, pour qui les dommages causés à la réputation de Black réclament réparation. Vu le montant du devis, on pourra lui refaire une virginité complète…

 

C'est que le magnat, tout juste revenu de sa peine de prison de 42 mois, en lieu et place des six ans, fait toujours face aux accusations de fraude et d'entrave à la justice. Et il n'a probablement pas besoin que l'on en rajoute une méchante couche. La Cour de Justice, qui a reçu la semaine passée la plainte, note toutefois que le livre est paru en mars dernier. La valeur n'attend pas le nombre des années, évidemment, mais la coïncidence est troublante. 

 

D'autant que le succès commercial du livre n'a pas manqué d'impacter plus encore la réputation déjà bien ternie de l'intéressé. Et à ce titre, Black avait proposé à l'éditeur de régler à l'amiable ce différend, en assurant même que la somme serait reversée à un organisme de bienfaisance. Mais les accusés « n'ont même pas daigné répondre à cette offre de bonne foi, sans parler même de publier des excuses publiques ». Et de là, on se retrouve devant les tribunaux, avec 1 million $ pour diffamation et 250.000 $ en dommages.

 

Random House a commenté cette plainte, alors que l'auteur, lui, se tient loin des micros. Ainsi, l'éditeur soutient évidemment son auteur et entend que ses droits soient respectés. 




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