Canada : Gabriel Nadeau-Dubois milite contre les projets d'oléoducs

Julien Helmlinger - 25.11.2014

Edition - International - Gabriel Nadeau-Dubois - Prix du Gouverneur-Général - Environnement - activisme


Le jeune militant québécois Gabriel Nadeau-Dubois s'est vu remettre le 18 novembre le prix littéraire du Gouverneur-Général pour son essai Tenir tête, publié chez Lux éditeur, par le Conseil des arts du Canada. Alors que la récompense est accompagnée d'une bourse de 25.000 $, le lauréat a décidé de la remettre à la campagne Coule pas chez nous. Désormais, il invite à doubler la mise au bénéfice du groupe contre les entreprises pétrolières qui veulent transformer le Québec en autoroute pour le pétrole sale de l'Alberta.

 

 

 

 

Après avoir joué son rôle pendant la grève des étudiants contre la hausse des frais de scolarité, en 2012, l'activiste Gabriel Nadeau-Dubois s'oppose aux projets d'oléoducs des entreprises pétrolières de l'Alberta. Celles-ci cherchent à écouler le pétrole des sables bitumineux sur les marchés internationaux, malgré ses maigres retombées économiques et ses risques élevés pour ce qui concerne l'environnement.

 

Les groupes pétroliers ont d'abord voulu l'exporter vers le Sud par oléoduc, mais les États-Unis ne leur ont pas donné leur feu vert, pour les raisons citées plus haut. En Colombie-Britannique, le projet d'oléoducs Northern Gateway a finalement obtenu un feu vert fédéral, mais celui-ci a été contesté devant les tribunaux. Désormais ils tentent de faire passer un mégaoléoduc au Québec, via le projet Energy East de Transcanada.

 

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, toute la vallée du Saint-Laurent est menacée par le projet. Selon lui « la mollesse et l'indécision du gouvernement libéral dans ces dossiers s'expliquent surtout par son acceptation aveugle du pétro-fédéralisme canadien. Comme le démontrent ses déclarations récentes, Philippe Couillard adhère passivement au projet insensé d'une intégration de tout le Canada aux intérêts pétroliers de l'Ouest, au mépris des peuples qui y vivent ».

 

Le militant estime que ni les régions, ni les villes, ni les habitants ne tireront de bénéfice durable de ce projet, qu'il qualifie de « dépossession » du Québec. Selon lui, il est possible « de choisir une autre voie pour notre prospérité collective : celle de l'autodétermination économique et politique ». Alors que les actions citoyennes se multiplient, il souhaite par son geste leur apporter son soutien financier et inciter d'autres à en faire autant.

 

« Chaque jour, les rapports affolants des scientifiques nous mettent en garde contre le désastre écologique que représente le réchauffement de la planète, largement dû à la pétroéconomie. À Ottawa, on refuse d'écouter ces savants. On préfère les museler que de soumettre au principe de réalité le désir de gains faciles. Le pétro-fédéralisme vit dans le déni et l'ignorance délibérée des conséquences de ses actes : c'est le gouvernement des irresponsables », estime-t-il.

 

Son appel à financer la campagne Coule pas chez nous a d'ores et déjà permis de récolter la somme de 265.560 $ depuis le 18 novembre.