Canada : l'ebook s'implante, mais les ventes globales baissent

Clément Solym - 22.12.2010

Edition - Société - ebook - canada - usages


Ici ou ailleurs, les questions se posent. Mais il semble que là-bas, elles soient plus quotidiennes, voire simplement plus courantes pour les utilisateurs et les lecteurs. Les témoignages s'accumuleraient que l'évidence n'en serait pas moins grande : le numérique rend service. Et son intérêt dépend évidemment des usages.

Si les experts considèrent rétrospectivement que l'année 2010 aura vraiment marqué le tournant dans la consommation de la lecture numérique, c'est avant tout que les usagers, eux, ont impulsé la tendance. Au Canada, de nombreux appareils sont arrivés sur le marché ; le Kobo Reader et sa librairie associée en font partie. Mais le Kindle est également vendu, depuis les États-Unis, sur le territoire.

Pour l'éditeur Quill & Quire, 2010 aura été l'année forte pour les lecteurs, alors que les consommateurs se sont habitués à ce produit, qui désormais ne devrait plus poser de problèmes. Seules les envies guideront les choix : tel ouvrage que l'on souhaite avoir dans sa bibliothèque, tel autre dont on sait qu'il n'aura de durée de vie que son nombre de pages. Voire d'autres que l'on aurait même plutôt honte de lire en plublic...

Même la bibliothèque de Toronto assure avoir constaté une très forte demande pour les livres numériques. Les neuf premiers mois de l'année 2010 sont particulièrement représentatifs, lorsqu'en 2009, les attentes restaient encore plus que marginales. Et pourtant, le livre ne s'en porte pas vraiment mieux dans le pays. BookNet Canada, institut qui surveille le marché, assure que les ventes ont globalement baissé de 3,98 % sur l'année, en volume.

Rien ne dit pour autant, du côté des professionnels ou des particuliers, que le livre va mourir. « C'est une déclaration alarmiste qui pourrait avoir le bon sens d'attirer l'attention, mais elle ne reflète aucune forme de réalité, que les libraires, les éditeurs ou les lecteurs éprouveraient », assure un libraire.

Mieux : Jesse Finkelstein de D&M Publishers assure que ce serait se tromper que de croire que les éditeurs redoutent l'ebook et refusent de s'engager dans le monde numérique. En tout cas, pas les indépendants...