Canada : le libraire Renaud-Bray plus proche que jamais d'Archambault

Julie Torterolo - 08.09.2015

Edition - International - Renaud-Bray - Archambault - Bureau de la concurrence


Le verdict est enfin arrivé : le Bureau de la concurrence a donné, vendredi, son feu vert pour la vente de la chaîne de librairies canadiennes, Archambault, à Renaud-Bray. Depuis le 19 mai dernier, l'entreprise Québécor avait annoncé qu'elle consentait à céder le secteur de la vente au détail du Groupe Archambault à Renaud-Bray. Ne manquait plus que l’aval de l’administration pour finaliser la transaction. Et, c'est chose faite.

 

Andy Nysrom, CC BY NC ND 2.0

 

 

Renaud-Bray peut désormais s'agrandir en toute quiétude. Le groupe entend bien acquérir les 14 magasins canadiens Archambault, le portail Archambault.ca, de même que sa librairie de langue anglaise Paragraphe. Envisagée depuis plusieurs mois déjà, la transaction attendait patiemment l’aval du Bureau de la concurrence ainsi que la fin des auditions publiques, pour pouvoir se concrétiser. 

 

Il faut dire qu’il ne s’agit pas d’une petite opération. Le groupe Renaud-Bray compte déjà une trentaine de librairies, une boutique virtuelle ainsi qu’un entrepôt, ce qui étendrait son empire à plus de quarante établissements à travers la Belle Province. Plusieurs inquiétudes s’étaient alors rapidement cristallisées. Le devenir des employés de la futur ex-enseigne du groupe Québecor, ou encore la position monolithique de Renaud-Bray sur le marché québécois, faisaient frémir. 

 

Le résultat est enfin arrivé : le Bureau de la concurrence a donné son accord dans un communiqué vendredi dernier. Pour l’organisme fédéral, la transaction « n’aura pas vraisemblablement pour effet d’empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence ». Il continue en précisant que « le prix des livres ne serait pas considérablement plus élevé après la conclusion de la transaction ».

 

"Au Canada anglais, de telles acquisitions de chaînes ont eu un effet dévastateur sur les indépendants restants."

 

Le communiqué explique que pour en arriver là : « le Bureau a aussi tenu compte de la dynamique de la concurrence propre à l’industrie du livre au Québec, qui a engendré une industrie caractérisée par la présence de nombreuses petites librairies indépendantes restantes ». L’organisme fédéral prévoit également de publier dans quelques semaines, et dans un souci de transparence, « un énoncé de position décrivant son analyse de la transaction proposée et résumant ses principales constatations ».

 

Une nouvelle qui est venue, sans surprise, réjouir Blaise Renaud, le président de Renaud-Bray : « Nous accueillons avec beaucoup d'enthousiasme cette décision, qui assurera une plus grande vitalité à notre secteur d'activité et, par le fait même, à l'ensemble de la chaîne du livre », a-t-il commenté dans un communiqué. Tout en rajoutant qu'aucun plan de fermeture de magasins ne sont pour l'instant envisagé.

 

Petite ombre au tableau. Selon Ledevoir, la décision est loin d’avoir fait l’unanimité. Yves Guillet, président des Librairies indépendantes du Québec et propriétaire de la librairie Le Fureteur, explique en effet au journal que le Bureau de la concurrence semble avoir oublié un détail : « Au Canada anglais, de telles acquisitions de chaînes ont eu un effet dévastateur sur les indépendants restants. »

 

« C'est la responsabilité de l'acquéreur de prouver que cette acquisition va vraiment servir la chaîne du livre. Faites-nous la démonstration parce que la chaîne du livre, ce n'est pas que les grands détaillants, les éditeurs et les auteurs, ce sont aussi des distributeurs, des libraires indépendants, des bibliothécaires », a également ajouté Richard Prieur, directeur général de l'Association nationale des éditeurs de livres, selon Radio-Canada.