Canada : Le livre papier ne cédera pas aux pixels en 2015

Cécile Mazin - 15.01.2015

Edition - Economie - paiement mobile - smartphones lecture - livres numériques


Le Québec s'apprête à vivre une belle année, pour les opérateurs de paiement à travers un smartphone. Le cabinet Deloitte vient d'annoncer que 2015 marquera un virage spécifique, avec 5 % des 600 millions de téléphones qui serviront à des achats, soit « une augmentation de plus de 1000 % ». Le Canada n'en verrait cependant les effets qu'en fin d'année.

 

Old media, new media I

Till Westermayer, CC BY SA 2.0 

 

 

Les prévisions d'analystes valent souvent moins que celles des météorologues, mais ne manquent pas d'intérêt. Ainsi, la croissance du paiement par smartphone est d'un certain intérêt pour l'ensemble du commerce physique. Des bornes pour payer, en toute simplicité, ne vont pas sans poser quelques questions sur les données personnelles et la vie privée. Mais comme on dit chez Apple, « c'est une révolution ». 

 

Et pour cause : malgré un rythme de remplacement des appareils plus long, la croissance des ordinateurs personnels a diminué au profit des téléphones intelligents. « La fierté des propriétaires ainsi que la quantité de pixels, la durabilité et les capacités de stockage des téléphones demeureront les principaux facteurs de croissance des achats de téléphones intelligents », assure Robert Nardi, de Deloitte.  

 

Alors le cabinet se lance donc dans quelques conjectures sur ce marché : la hausse des paiments mobiles en magasins – à condition que ce dernier soit équipé des outils nécessaires. Et plus, une valeur supérieure à 1 milliard $ pour le marché du smartphone, avec 1,4 milliard d'appareils vendus en 2015. 

 

De même, le jeune qui a la fâcheuse réputation de ne jamais vouloir payer pour des produits dématérialisés, et se montre plus prompt à pirater, va faire du chiffre. Près de 750 $ seront dépensés par la génération Y, chiffre multiplié par 9 millions de ces personnes, âgées de 18 à 34 ans : en tout, sept milliards de dollars sont prévus pour le secteur des médias canadiens.

 

Le livre compte parmi les biens culturels qui en profiteront, immanquablement : « Selon un sondage Ipsos commandé par Deloitte, plus de Canadiens de 18 à 32 ans ont dépensé autant ou plus d'argent que l'année dernière pour acheter des livres (84 %) », apprend-on. Mais l'occasion de se réjouir, pour toute l'industrie du livre, vient d'une autre prévision :  

Les ventes de livres imprimés seront au moins quatre fois plus importantes que les ventes de livres numériques à l'échelle mondiale. Les livres numériques n'ont pas remplacé les livres imprimés, même si les ventes de disques, de journaux imprimés et de magazines ont diminué. Les jeunes (de 18 à 34 ans) accordent autant d'importance aux livres imprimés que leurs aînés, lisent à peu près autant qu'eux et sont prêts à payer leurs livres.

 

Papier contre pixel, le sujet n'a donc pas fini de faire couler de l'encre... (via Deloitte)

 

Selon les estimations du groupe Penguin Random House, au Canada, 15 % du chiffre d'affaires seraient numériques au Canada. Avec des variations qui sont parfois impressionnantes selon les genres : fiction, jeunesse, ou lifestyle restent essentiellement vendus en papier. « Nous avons vendu environ 100.000 exemplaires de Gone Girl et environ 100.000 du Dan Brown, mais on n'est qu'à 15 %, parce que nous vendons beaucoup de livres à 200 exemplaires en numérique », précisait Brad Martin, en septembre 2014. Depuis, peu d'avis sur la question ont été entendus.