Canada : les auteurs souffrent d'un manque de visibilité

Camille Cado - 04.11.2019

Edition - International - Canada lecture étude - auteurs canadiens déclin - rapport MoreCanada livres


D’après une étude publiée au Canada, seuls 13 % des livres achetés par les Canadiens anglophones sont écrits par leurs concitoyens. En cause notamment, le manque de visibilité des titres locaux face aux homologues pratiquant également la langue de Shakespeare. MoreCanada a été réalisée par 29 professionnels de l’industrie du livre, elle présente une soixantaine d’actions pour palier ce déclin et mettre davantage en avant les livres canadiens.  
 
Photo d'illustration - Abdallahh, CC BY SA 2.0


MoreCanada rend compte du déclin de la lecture des œuvres d’auteurs canadiens au Canada anglophone au cours des 15 dernières années. Le rapport propose également une analyse de ces causes, notamment, le manque de visibilité des titres locaux. Il passe en revue les principaux canaux de distribution : des librairies indépendantes aux bibiothèques publiques en passant par les salles de classe, les bibliothèques universitaires ou encore les grandes enseignes. 

Selon l’étude, 27 % des livres achetés par les Canadiens anglophones étaient écrits par des Canadiens en 2005. Aujourd’hui, ce chiffre chute à 13 %, soit une diminution de 50 %. Ce qui explique que ces auteurs voient leurs revenus diminuer de 27 % depuis 1998, indique le rapport.

« Est-ce vraiment normal que 87 % des livres que nous lisons soient américains ou britanniques ? » s’indigne James Lorimer, éditeur canadien et coauteur de l’étude. 

Pourtant, les Canadiens sont de grands lecteurs. Selon le rapport Borrow, Buy, Read : Library Use and Book Buying in Canada publié en mai 2019 par BookNet Canada, près de 80 % d’entre eux affirment avoir lu au moins un livre au cours de la dernière année.

Ils fréquentent également beaucoup les bibliothèques, davantage que les Québécois. En effet, si 62 % des Québécois affirment ne pas être allés dans une bibliothèque au cours du dernier mois, cette catégorie ne représente que 44 % des Canadiens anglophones

Cependant si l’on revient au rapport MoreCanada, seulement 7 % des livres empruntés dans les bibliothèques sont d’auteurs canadiens, alors qu’en 2005, ce chiffre était de 25 %.
 

En cause, les métadonnées


Si les Canadiens anglophones sont d’assez grands lecteurs, pourquoi ne lisent-ils pas les livres écrits par leurs concitoyens ? L’étude révèle que les livres canadiens ne sont pas assez mis en avant à cause notamment des métadonnées. Un problème de découvrabilité, donc...?

À l’ère numérique, les métadonnées sont cruciales pour identifier un livre sur internet. En décrivant de manière précise le contenu et les sources d’un ouvrage, elles permettent d’en faciliter la découverte, ou simplement l’accès.
 
Mais tous les détaillants n’utilisent pas ces métadonnées, indique le rapport. De même que tous les systèmes n’affichent pas des indicateurs pour signaler ou filtrer des livres d’auteurs canadiens. Par exemple, la classification BISAC aux États-Unis ne mentionne pas la catégorie « Canada ». Lorsque des éditeurs s'en sont plaints, on leur a répondu que ce code avait été défini uniquement aux États-Unis. 

Dès lors, parmi les recommandations de MoreCanada, une place de choix est réservée à l’utilisation des systèmes numériques qui reconnaissent les livres d’auteurs Canadiens afin de les rendre plus visibles.

Le rapport est disponible à cette adresse.


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.