Canada : les bibliothèques alertent sur le prix des ebooks et livres audio

Antoine Oury - 18.12.2018

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C'est un problème connu, tant en France qu'outre-Atlantique : dès que les bibliothèques se tournent vers les formats autres que l'imprimé, pour le livre, les prix ont une fâcheuse tendance à flamber. Les bibliothécaires canadiens, après une première alerte il y a quelques mois, en remettent une couche sur les difficultés financières liées à l'acquisition des livres numériques et des livres audio.

Doors Open Toronto 2017 - University of Toronto - The Daniels Building
(photo d'illustration, wyliepoon, CC BY-NC-ND 2.0)


C'est cette fois le Conseil des Bibliothèques Urbaines du Canada (CBUC) qui intervient sur le sujet, expliquant que les conditions d'accès et les prix payés par les bibliothèques pour prêter des livres numériques sont bien trop élevés. Pour les livres audio, la situation est encore plus simple : il est tout simplement impossible de faire entrer au catalogue des titres produits par Audible, la filiale d'Amazon pour le livre audio.

« Ce modèle n'est pas tenable. Nous avons du mal à obtenir tous les documents auxquels nos usagers souhaitent avoir accès », affirme Sharon Day, qui siège à la tête d'un groupe de travail sur les contenus numériques au sein du CBUC, auprès de l'agence The Canadian Press.

Les bibliothèques membres de ce conseil dépensent plus de 90 millions $ chaque année dans l'achat de documents, dont 11 millions $ pour les seules ressources numériques, selon les chiffres du CBUC. À ce titre, elles s'estiment lésées par les politiques mises en place par les éditeurs, en particulier les grands groupes d'édition, les « Big Five ». Hachette Book Group, HarperCollins, Macmillan, Penguin Random House et Simon & Schuster n'autorisent qu'un prêt d'exemplaire numérique à la fois, pour les titres de leur catalogue.

Et le tarif d'achat d'une licence de prêt de livre numérique peut atteindre des montants plusieurs fois supérieurs à ceux des versions imprimées. Ces prix fluctuent, par ailleurs, en fonction des conditions de prêt et d'accès définis par les éditeurs.

Si les ventes de livres numériques stagnent, voire diminuent, outre-Atlantique — pour les ouvrages publiés par des éditeurs, du moins —, la demande pour les ebooks augmente de 20 % en moyenne, dans les établissements de prêt. Quant à celle relative aux livres audio, elle aurait augmenté de 82 % sur les trois dernières années dans les six plus grandes bibliothèques du Canada.
 

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Cette demande croissante serait d'ailleurs à l'origine de la frilosité des éditeurs, qui craignent une cannibalisation des ventes numériques par les bibliothèques. À juste titre ou non, d'ailleurs : jusqu'à ce jour, aucune preuve formelle n'est venue corroborer cette croyance. Ce qui n'a pas empêché l'éditeur Tor, du groupe Macmillan, d'ajouter un délai entre la parution de ses livres numériques et leur disponibilité en bibliothèque.

Nous avions interrogé à ce sujet John Sargent, PDG de Macmillan, lors de la Foire de Francfort, qui avait botté en touche en assurant que des études étaient en cours. Et le sont visiblement toujours...


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