Canada : les ebooks coûteraient trop cher à la bibliothèque de Richmond

Julien Helmlinger - 06.02.2015

Edition - Bibliothèques - Bibliothèque publique - Richmond - Canada - Financement


La Bibliothèque publique de Richmond, ville de Colombie-Britannique au Canada, doit actuellement faire face à une certaine pression financière, en raison de la hausse des salaires, du coût des livres numériques et d'une forte baisse des amendes de retards. Le budget annuel de l'institution s'élève actuellement à 9.37 millions $, dont 8.54 millions $ financés par la ville. Ce lundi, la commission des finances de Richmond a validé un bonus temporaire.

 

 

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Avant d'accorder son aide financière, la commission des finances de la ville entendait néanmoins mettre en question les pratiques de la bibliothèque. Sur l'ensemble de l'année 2014, l'établissement a récolté environ 67.000 $ d'amendes pour retards de retours de livres, soit 25 % de moins que l'année précédente.

 

Les salaires des employés ont augmenté de 2,5 %, en 2014, ce qui ajoute désormais un total de 165.000 $ de dépenses annuelles supplémentaires. En conséquence de quoi la ville de Richmond financera cette année 289.000 $ supplémentaires afin de maintenir les services de sa bibliothèque publique.

 

Selon le bibliothécaire en chef Greg Buss, le coût d'un livre numérique pour l'établissement pourrait revenir en moyenne 5 fois plus cher que pour un exemplaire imprimé. Charge lui revient toutefois de développer l'offre d'ebooks, tout en maintenant celle d'ouvrages physiques diminuée de 33 % par rapport à 2009.

 

Les usagers du service sont autorisés à emprunter jusqu'à 25 livres papier et 10 ebooks à la fois, pour une durée de prêt de trois semaines, limite que le maire Malcolm Brodie entend réévaluer. Il demande toutefois aux bibliothécaires d'utiliser plus efficacement leurs ressources.

 

Ces derniers estiment que le fait de changer les limites d'emprunts n'affecterait qu'une minorité d'usagers. Ils rappellent également que comme les licences d'utilisation des ebooks impliquent une disparition automatisée des fichiers dans les appareils, ces emprunts ne permettent pas de récolter des amendes.

 

De telles pénalités de retard n'ont pas été instaurées pour faire de l'argent, rappelle Greg Buss, mais il estime que les bibliothèques en sont désormais devenues dépendantes. Le bibliothécaire a suggéré à la commission des finances de la ville l'idée de s'équiper d'une imprimante 3D pour générer des revenus.

 

(via Richmond News)