« Utiliser un langage neutre au niveau du genre », en finir avec les « Monsieur », « Madame », « père » et « mère », c’est la directive reçue par les employés de l’institution fédérale Service Canada. Face aux nombreuses critiques, le gouvernement est revenu sur l’utilisation des titres de civilité.



Mercredi 21 mars, Radio-Canada apprend que les employés de Service Canada doivent, lors d’une première interaction avec les clients, éviter d’utiliser les mots « Monsieur », « Madame », préférer le nom complet ou demander de « quelle façon ils préfèrent que l’on s’adresse à eux ». À la place des mots « père » et « mère », opter pour celui de « parent ».
 

C’est, en effet, ce que précise le contenu des prévenantes « Notes d’allocutions pour les gestionnaires et les chefs d’équipes qui rencontreront leurs employés au sujet de l’usage du langage de genre neutre ». 
 

Des précautions qui étaient apparues comme importantes pour le gouvernement, notamment après qu’un couple gay d’Halifax s’était plaint des pratiques de Service Canada, après avoir été contraint d'identifier qui était le père et qui était la mère. Ainsi, sur le formulaire de demande de numéro d’assurance sociale, apparaît maintenant le mot « parent ». 
 

De façon prévisible, la prudence du gouvernement canadien a déclenché un débat – et de nombreuses critiques. Aussi, dans une entrevue avec 24/60, le soir même, le responsable de Service Canada et ministre, Jean-Yves Duclos, est revenu sur l’affaire. 
 

 

 

 


« Service Canada va continuer d’utiliser la salutation "monsieur" et "madame". En cas de doute, les agents vont poliment et respectueusement demander à la personne de quelle manière elle souhaite être saluée » explique-t-il, « c’est une question de gros bon sens. La note était confuse, mais le message est très simple. Quand l’information est connue, on l’utilise. Quand elle n’est pas connue, on demande. Ce qu’il faut éviter, c’est que ce soit l’agent qui choisisse. »
 

Pas de retour en arrière cependant, pour le terme de « parent » remplaçant ceux de « père » et « mère ». « Et ça, c’est correct, parce que nos familles sont de plus en plus variées. Il y a des grands-parents qui s’occupent de leurs petits-enfants, il y a des familles recomposées, il y a des couples de même sexe qui prennent soin de leurs enfants. Il serait donc inapproprié et il sera inapproprié d’exiger, par exemple, d’un couple de même sexe d’hommes, de forcer l’un des deux à dire qu’il est la mère » a-t-il ajouté. 
 

À noter que cette polémique est intervenue un mois après la déclaration controversée du Premier ministre Justin Trudeau, qui, lors d’une assemblée publique, avait affirmé préférer dire « peoplekind » et non pas « mankind » pour désigner l’humanité (people signifiant personnes, man signifiant homme). Il s’était par la suite dédouané, en qualifiant cette déclaration de « mauvaise blague ». 
 

Il en reste que ces polémiques autour d’une écriture inclusive reste très critiquées, comme par l’écrivaine et historienne Russel-Aurore Bouchard, dans Le journal de Montréal, qui explique, entre autres : « Nous (les trans) sommes maintenant normalisés dans l’ensemble de la société, qu’on vive à Terre-Neuve, au Nunavut ou à Vancouver. Il faut, en cela, nous féliciter et éviter de pousser le bouchon trop loin. »

Enfin, à se demander s’il faut préférer n'avoir pas assez que trop peu. 




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