Candide et Voltaire : un fac similé de l'édition originale, truffée de fautes

Cécile Mazin - 02.04.2015

Edition - Les maisons - Voltaire Candide - édition originale - fac-similé


Perdu, retrouvé, le manuscrit originel de Candide, ou L'Optimisme de Voltaire (sans Zadig...) sortira ce 13 avril aux éditions des Saints Pères. L'éditeur propose une publication réalisée à partir des archives de la bibliothèque de l'Arsenal – où l'ouvrage fut retrouvé en 1957. C'est que, durant des siècles, même les experts le pensaient disparu...

 

 

VOLTAIRE

patrick janicek, CC BY 2.0

 

 

« Il s'agit de la première édition de ce manuscrit. C'est donc la première fois que le public peut avoir accès à ce document inédit. Il permet d'entrevoir les coulisses de la création littéraire de Voltaire, ce qui en fait un objet majeur et majestueux », précise l'éditeur. Et la publication vaut son pesant de découvertes.

 

Si l'humour satirique, l'innocence invraisemblable du personnage et le message de tolérance prôné par Voltaire sont connus, le travail effectué sur le texte se dévoile. Une écriture certes élégante, mais surtout une quantité impressionnante de fautes d'orthographe. Une chose qui « ne manque pas de cocasserie quand on connaît la place qu'occupe ce texte aujourd'hui dans les programmes scolaires », insistent les Éditions des Saints Pères. 

 

Jusque dans le titre, qui est écrit Candide ou L'Optismisme, sic.

 

Bien entendu, les règles de la langue française ne furent fixées que tardivement et la normalisation orthographique était ignorée de Voltaire. C'est pourtant dans le Dictionnaire de l'Académie française que l'on retrouvera, en 1835, les réformes que le philosophe réclamait.

 

« Le manuscrit original ne correspond pas totalement à l'édition finalement publiée. Certains passages ont été ajoutés, d'autres enlevés ou corrigés. Le chapitre sur Paris, par exemple, où la capitale y est décrite comme “la ville de tous les enfers”, apparaît dans ce manuscrit, mais a finalement été supprimée par Voltaire au moment de la publication. »

 

On se souviendra que Voltaire, devant le succès que le livre rencontre, niera toute parenté : « J'ai lu enfin Candide. Il faut avoir perdu le sens pour m'attribuer cette coïonnerie. J'ai Dieu merci de meilleures occupations. » Scandaleux, partout en Europe, l'ouvrage avait été publié sous pseudonyme, passant pour une traduction attribuée à Mr le Docteur Ralph.

 

Également en annexe, une lettre de Voltaire niant la paternité du texte : « Je viens de lire enfin ce Candide. Je trouve cette plaisanterie dans un goût singulier [...]. Je vous conseille de ne les pas produire et de retirer les exemplaires si vous en avez. C'est un conseil d'ami et d'amis que je donne à mes amis. »