Canon, repreneur de l'activité numérisation de Safig (groupe Jouve)

Clément Solym - 02.09.2013

Edition - Economie - Safig - Jouve - Canon


La société Safig, placée en redressement judiciaire, a finalement trouvé un repreneur pour la partie numérisation : Canon, la société plus connue pour ses appareils photo sera désormais propriétaire. Le tribunal de commerce de Bobigny a tranché le 19 août. Pour l'autre pan de l'activité, le traitement des chèques, c'est la société BancTec qui a été retenue.

 

 


 

 

Évidemment, qui dit reprise, parle également de Plan de sauvegarde de l'emploi et de suppressions de postes : plus de 200 postes seront supprimés sur les différents sites de Safig. Selon une source proche du dossier, « l'heure est à la négociation des moyens pour financer le PSE. Aujourd'hui, nous demandons que Les Petites affiches [groupe auquel appartiennent Jouve et Safig, NdR], participe à ce financement ». Mais bien entendu, ce dernier ne sera pas le seul. 

 

Selon les sites, bien entendu, les dégâts ne seront pas les mêmes en termes d'emploi. Si celui de la Châtre est très durement frappé, avec 13 salariés conservés sur les cents qu'il compte, la situation varie sur les sept autres établissements. 

 

Melun : 75 conservés /100

Saint-Ouen : 37 / 87

Bordeaux : 8 / 17

Le Mans : 70 /71

Saran : 17 /25

Rennes : 17 /21

 

On se souviendra que Jouve s'était porté acquéreur de Safig en mai 2010. « Sauf que Jouve est dans une très grande difficulté, et sûrement pas en mesure d'abonder le fonds nécessaire », nous précise-t-on. Or, Jouve ferait porter le chapeau à Safig de pertes financières, alors que plusieurs choses étranges ont pu être observées : on évoque des personnels Safig travaillant pour Jouve sur des prestations facturées par Jouve à Safig (soupçonnés d'être facturés à Safig par Jouve). Ou encore, une forte augmentation des facturations suite à l'arrivée de Thierry Tomasov, devenu PDG de Jouve, après avoir été directeur industriel... des Petites Affiches.

 

Ce qui choque principalement, c'est qu'après l'annonce du redressement, plusieurs dizaines de sociétés se seraient montrées intéressées, et que plusieurs ont accepté de signer des accords de confidentialité pour avancer dans les négociations. Pourtant, la short list comptait une poignée, à peine, de sociétés pour la reprise. 

 

« Les données fournies pour le data room, en dépit de la demande de droit de regard de la part du CE, étaient erronées. Il était difficile de monter une offre sérieuse, pour les sociétés intéressées », nous explique-t-on. Or, c'est Jouve qui avait fourni les données économiques. « Ne sont restées que les sociétés avec des personnes en relation avec l'intérieur de la structure. » D'ailleurs, la société Numen elle-même était intéressée, non par la partie numérisation, mais activité BPO (externalisation des processus métier : courrier, saisie,...) et Dataway (Marketing relationnel et Caritatif). Le chèque ne les intéressait pas. 

 

Canon, repreneur donc. « Certains auraient préféré une société française, bien sûr, mais en l'état, on voit une réelle complémentarité entre l'activité de Safig et celle de Canon, notamment parce qu'ils ne disposent pas de back-office. » Devant le tribunal de commerce, Canon s'est par ailleurs engagé à maintenir l'emploi durant 24 mois, en fonction des conditions économiques.