Cap sur l'imaginaire : déferlante d'univers fantastiques au Québec

Nicolas Gary - 25.11.2019

Edition - International - cap imaginair - Québec littératures imaginaire - collectif Québec littérature


Depuis sa première édition en octobre 2017, l’Hexagone a vu le mois de l’Imaginaire se structurer. Une association chapeaute l’ensemble des opérations, et les acteurs de ces mauvais genres se fédèrent. Un mouvement qui est parvenu jusqu’au Québec, avec la création de Cap sur l’imaginaire, un collectif tout autant engagé. 



En 2018, le directeur éditorial de Bragelonne traverse l’Atlantique : sa maison célèbre son 10e anniversaire dans la Belle Province. À cette occasion, Stéphane Marsan rencontre plusieurs acteurs de l’Imaginaire, et suggère alors d’importer l’initiative française. Par quelle fantasy les projets français pourraient-ils fonctionner au Québec ? 

La réponse se tient : depuis six ans maintenant, le 12 août est une journée consacrée aux auteurs locaux. Avec Le 12 août j’achète un livre québécois, tout le territoire part à la découverte de ses créateurs, dans les librairies. « L’idée était simple, et aiderait à soutenir la révolution Imaginaire qui prend forme depuis deux ou trois ans », insiste Mathieu Lauzon-Dicso. 

Pour cet enseignant en lycée, qui a fondé le prix des Horizons imaginaires, l’affaire est dans l’air du temps. « Cependant, un copier-coller ne fonctionnerait pas : ne serait-ce qu’en termes d’organisation ou d’habitudes de lecture, ça posait problème », poursuit-il auprès d'ActuaLitté.

Philippe-Aubert Côté, Mathieu Lauzon-Dicso, Ariane Gélinas
Philippe-Aubert Côté, Mathieu Lauzon-Dicso et Ariane Gélinas

 
Germe plus concrètement l’idée d’un collectif, en mesure de représenter plus largement un mouvement inspiré, mais que s’approprieraient alors pleinement l’interprofession : ainsi débute Cap sur l’imaginaire. La diversité de ses douze membres en fait effectivement un espace largement représentatif — libraires, auteurs, éditeurs, bibliothécaires, mais également journaliste et institutions s’y retrouvent. 

Mais tout collectif vit des projets qu’il porte et en soi, Cap sur l’imaginaire ne chômera pas : « Son objectif est de soutenir, aider et faciliter à tous niveaux les genres de l’Imaginaire au Québec et dans le reste du Canada », expliquait Philippe Aubert Côté, auteur de SF et critique pour le magazine Solaris. En ce sens, l’organisation travaillera tant du côté grand public que professionnel — y compris en traversant l’Atlantique pour des manifestations comme les Utopiales de Nantes. 

Cela passera également par la production d’études et d’analyses — à titre d’exemple, « sur 2018, 4 % de la production éditoriale hors jeunesse ou Young Adult était de l’imaginaire, pour 7,7 % de parts de marché… mais seulement 1 % de représentation médiatique », relève Mathieu Lauzon-Dicso.

« Dès 2020, la campagne montera en puissance, avec l’opération Rendez-vous avec l’imaginaire, qui occupera tout le mois de mai », a dévoilé Ariane Gélinas. « Cette opération vise à concentrer les efforts menant à la découvrabilité des œuvres en imaginaire pour le marché québécois — voire canadien », ajoute-t-elle. 

Rendez-vous avec l'imaginaire

 
Occupant toute la province, connecté à des manifestations déjà en lien avec la SFF (science-fiction, fantasy), comme Métropolis bleu, le festival de la BD de Montréal ou le Congrès Boréal, axé sur la fantasy, ce Rendez-vous souhaite avant tout concentrer et valoriser les initiatives de toute personne qui s’impliquera. 

Mathieu Lauzon-Dicso insiste d’ailleurs : « Quand on parle de genres, cela peut devenir clivant, rebutant juste du fait d’une classification. Mais si l’on parvient à évoquer le plaisir de la lecture, des thèmes, des qualités littéraires ou d’écriture, alors tout fonctionne mieux. » Et puis, ce n’est un secret pour personne : ces littératures parlent avant tout de notre modernité, ajoute-t-il. 

« On parle beaucoup d’afrofuturisme, mais il existe tout aussi bien un futurisme indigène : des auteurs des peuples des Premières nations qui écrivent à partir de leurs racines culturelles. » Majoritairement anglophones, peut-être, mais éminemment contemporains…


Dossier - Salon du livre de Montréal 2019 : Se raconter 


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