Caracassonne : le désherbage tournerait au vinaigre judiciaire

Clément Solym - 21.08.2011

Edition - Bibliothèques - mediatheque - benne - jeter


 Décidément, en cette fin d’été, la ville de Carcassonne se retrouve un peu malgré elle au centre de toutes les attentions, pour une sombre histoire de livres jetés par sa médiathèque...

L’établissement avait, dans un premier temps, dû retarder toute l’entreprise de nettoyage de ses livres, et leur numérisation. Et sur ce, voilà qu’une grande séance classique de désherbage survient, permettant de se débarrasser d’ouvrages anciens, encombrants, et ainsi de suite. Bref, tout ce dont on ne veut plus, et que l’on ne saurait garder.


Mais, par mégarde ou maladresse, les livres se retrouvent au vu de tous, dans une benne. Scandale immédiat. Alain Talier, le président de l’agglomération présente ses excuses, et assure que les ouvrages seront offerts à des associations et au public. (voir notre actualitté

Mais entre temps, ce même président estime que les attaques portées contre lui ont été trop loin, et voilà qu’il souhaite porter plainte. On l’a accusé de mettre des livres à la poubelle, mais il répond : « Je le répète, ce sont des revues reliées, que l’on trouve partout, et que l’on n’a pas à conserver. Ce ne sont pas des livres uniques, ayant grande valeur marchande : ils sont obsolètes ou en mauvais état. »

Et selon lui, certains n’ont pas manqué, comme Emmanuel Pidoux, responsable de la médiathèque, de profiter de cette bévue pour tenter d’en profiter, politiquement, cette fois. Ainsi, il pointe Gérard Jean, président de l’académie des arts et des sciences de Carcassonne, et ancien de l’UMP, qui avait sur son blog fait la part belle à tous les commentaires parus sur le net et assimilant le fait de jeter ces livres dans une benne à un autodafé nazi. Très subtile approche...

« On a pu lire, sur certains blogs, que les partitions de Paul Lacombe avaient été mises à la benne ! Les voilà. De même, l’ouvrage La Colombe messagère, de Michel Sabag, en français et en arabe, qui suscitait des craintes de Jean-Louis Bonnet est bien ici. Je pense que M. Bonnet est tombé dans un piège grossier : ça m’étonne de sa part », se défend encore Alain Tarlier. Et d’assurer que jamais, vraiment jamais, les fonds patrimoniaux ou historiques de l’établissement ne prendront la destination de la benne, comme cela a pu être dit...

En tout cas, les poursuites ne sont pas exclues du tout.