Caricatures et révolte arabe : briser des mains, ça impressionne

Clément Solym - 12.09.2011

Edition - Société - syrie - dessinateur - assad


L'engagement de Plantu dans la cause des caricaturistes, et dessinateurs de presse, de par le monde, s'est concrétisé dans un album publié aux éditions Fetjaine.

À ses côtés, seize dessinateurs venus du monde entier, qui parlent des révolutions dans les pays arabes, tous réunis sous un titre fort : Dégage ! (voir notre actualitté)

Depuis notre petite démocratie, le livre apparaît sinon comme un bel hommage, tout au mieux comme un engagement pour cette cause. Mais dans ces régimes dictatoriaux, a-t-on réellement pris conscience, petits français protégés, de ce que pouvait être le rôle d'un dessinateur de presse ? Hmm ?

Et des risques qu'ils prennent, à contester le pouvoir en place ? Vraiment ? Parce que, les emprisonnements, on connaît, on en entend parler, que ce soit dans les pays arabes, ou en Chine, pour les journalistes, les blogueurs, ou tout ce qui ressemble à la définition aléatoire du dissident. Avec un facteur commun : ne pas brosser le pouvoir dans le sens du poil.


L'exemple d'Ali Ferzat devrait nous mettre un chouia de plomb dans la tête. Ce caricaturiste officie dans la Syrie de Bachar el-Assad, pas vraiment un modèle de tolérance et de démocratie. Et le pays, comme d'autres, durant cette année 2011, a connu le vent de la révolte, avec plus d'un millier de morts, et l'intervention de l'armée, lancée contre le peuple, pour calmer les manifestants. Bien que l'armée se soit, en partie, rangée à leurs côtés, le pays est très loin d'une situation politique stable...

Alors le petit livre de Plantu, avec ses 16 caricaturistes...

Pourtant, voilà : Ali Ferzat, a été tabassé, torturé, pour ses caricatures récentes, qui concernent principalement el-Assad. La dernière en date, c'était el-Assad avec Kadhafi, en train de faire du stop pour fuir. Et Plantu explique, auprès de Europe 1, la raison pour laquelle des sbires l'ont agressé... au point de lui briser les mains. Et particulièrement la gauche, souligne Plantu, celle avec laquelle il dessine. Évidemment.


Pourquoi ne pas l'avoir tout simplement tué ? Selon le correspondant syrien de Plantu, « ce serait trop simple ». « Briser les mains d'un dessinateur, c'est un geste très fort, parce que ça impressionne tous les journalistes, mais à la fois, ça impressionne tous ceux qui ont envie de se battre pour la liberté d'expression. Et cette sauvagerie, ça peut boucler la bouche de beaucoup. »

Alors finalement, ce petit livre, c'est un peu plus qu'une publication de plus dans cette rentrée, non ?



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