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Carlos Fuentes, élément dangereusement communiste pour le FBI

Antoine Oury - 24.06.2013

Edition - International - Carlos Fuentes - FBI - surveillance


Le document de 170 pages révèle dès la première page le sujet du dossier : Carlos Fuentes, l'auteur du Chant des aveugles, Terra Nostra ou Les années avec Laura Díaz, avait attiré l'attention du Federal Bureau of Investigation américain. En pleine Guerre froide, l'écrivain mexicain né à Panama avait eu toutes les difficultés du monde à entrer aux USA, où il restait sous bonne garde...

 

 

Carlos Fuentes.

Carlos Fuentes en mars 2009, à Paris (Abderrahman Bouirabdane, CC BY-SA 2.0)

 

 

L'écrivain étant décédé le 15 mai 2012, le FBI était désormais en mesure de révéler les documents relatifs à Carlos Fuentes, et le bureau fédéral d'investigation a reçu une requête de dévoilement d'une agence de presse new-yorkaise. La première page du document est datée au 21 mai 1962, et entre directement dans le vif du sujet avec un premier refus de visa, demandé pour la participation de Fuentes à un débat télévisé avec le secrétaire d'État Richard Goodwin.

 

À l'époque, l'écrivain mexicain est déjà dans le viseur du FBI, qui le catégorise comme un « romancier mexicain bien connu, aux multiples connexions avec des éléments subversifs ». La subversion, synonyme à l'époque de communisme, avait séduit Fuentes à l'occasion de la révolution cubaine menée par Fidel Castro, que l'écrivain avait ouvertement soutenu. La révolution sandiniste, au Nicaragua, constituait une autre raison pour garder un oeil sur l'écrivain et ses opinions politiques.

 

Sa nouvelle activité de professeur à l'université de Columbia n'a pas dissipé les doutes de l'agence gouvernementale, qui cherchait à lier contact avec des informateurs capables de surveiller l'élément subversif... Dès le début des années 70, Fuentes prendra ses distances avec le gouvernement cubain, notamment pour l'emprisonnement qu'il imposa au poète Heberto Padilla et son épouse, mais ce n'est qu'en 1985 qu'il quitte la liste des individus sous surveillance du FBI. Le cas était suffisamment pris au sérieux pour que Clyde Tolson, bras droit du fameux Edgar Hoover, soit tenu au courant...

 

Fils d'un diplomate mexicain, Fuentes n'avait jamais manifesté d'animosité particulière vis-à-vis de la bannière étoilée. Connaissant bien sa réputation au sein des services d'investigation, il déclarait en 2006 : « Me qualifier d'anti-Américains est un mensonge éhonté, une calomnie. J'ai grandi dans ce pays. Enfant, j'ai serré la main de Franklin Roosevelt et ne l'ai jamais lavé depuis. »

 

 




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