Caroline et sa salopette rouge fêtent leurs soixante ans

Julien Helmlinger - 19.04.2013

Edition - International - Jeunesse - Caroline - Pierre Probst


Eternellement haute comme trois pommes, elle a traversé les âges sans prendre une ride ni perdre son optimisme. Parée de ses couettes blondes et de sa salopette rouge, Caroline, la gamine créée par Pierre Probst, fête cette année son soixantenaire tandis que son défunt père aurait quant à lui eu 100 ans. L'héroïne a enchanté plusieurs générations de lecteurs à travers le globe, au fil de ses 44 albums traduits en 15 langues, et la maison d'édition Hachette entend bien la faire découvrir à la jeunesse du 21e siècle.

 

 

 

 

La véritable fille du créateur de Caroline décédé en 2007, Simone Probst, interrogée par l'AFP, a confié : « Quand Hachette a demandé à mon père de créer un personnage, ça a été très facile, il avait un modèle sous la main : moi ! »

 

Il aurait ensuite fallu d'innombrables séances de pause pour que Simone se reconnaisse finalement dans le personnage. Elle qui est désormais âgée de 72 ans admet avoir été comme elle, « une fille turbulente et garçon manqué ». Et Pierre Probst, puisant son inspiration dans son environnement familial, a finalement choisi pour son héroïne le prénom de sa grand-mère. Selon Simone, la petite blondinette à couettes incarnerait « la joie de vivre, l'optimisme et la générosité ».

 

Un classique indémodable, ou presque

 

En effet, au fil des 44 albums publiés entre 1953 et 2007, les aventures rocambolesques de Caroline se poursuivent sans que jamais ses lecteurs ne la voient pleurer. Si les adultes sont quasiment absents de la série, l'héroïne est néanmoins accompagnée de ses fidèles compagnons de bêtises : les chats Pouf et Noiraud, le cocker Youpi, Kid le lion, Pitou la panthère, Boum l'ours. 

 

La saga a connu un véritable succès, avec 38 millions d'exemplaires vendus et des traductions dans 15 langues. On en vendrait toujours 80.000 exemplaires annuels, un résultat en dessous néanmoins de sa rivale Martine, publiée depuis 1954 chez Casterman. Deux personnages qui peuvent paraître démodés pour la nouvelle génération de lecteurs, même si Simone et la directrice d'Hachette jeunesse, Sarah Koegler voient Caroline comme « un classique qui ne vieillit pas ».

 

Les éditions Hachette Jeunesse aimeraient voir les ventes d'albums tripler. Pour se faire, un toilettage de forme a été réalisé avec un nouveau format, plus petit, souple, et tarifé à 3,50 euros. La maison espère par ailleurs que ces albums remis au gout du jour seront placés en avant sur des présentoirs bien visibles et accessibles, en librairies, comme sur les têtes de gondole des grandes surfaces.

 

Inspiration pour les créateurs de mode et Caroline de Monaco

 

Pour rajeunir l'image de Caroline, une trentaine de stylistes l'ont redessinée, chacun y allant de sa déclinaison. Elle se retrouve par exemple plus BCBG chez Dior, avec une salopette rouge qui devient robe courte sans toutefois perdre sa couleur. Chez Jean-Claude Jitrois, elle reste en salopette, mais celle-ci est faite de cuir noir. Et Chantal Thomass imagine même l'héroïne en pin-up.

 

Un personnage qui aura eu l'occasion d'inspirer des célébrités, comme son homonyme Caroline de Monaco. La Princesse de Hanovre a d'ailleurs écrit à l'attention de la maison d'édition. « J'ai grandi avec Caroline et c'est l'amie que je rêvais d'avoir. Intrépide, responsable et surtout très drôle, elle est vite devenue mon modèle. Comme elle, je vivais entourée de fidèles et vrais amis: chiens, chats, poneys et même comme elle, un lionceau, et brièvement, une petite panthère. Ce qui me fascinait le plus, c'est sa totale liberté, très loin du monde des adultes. »