Carrère à Camus : « Je suis mal à l'aise avec le parti de l'In-nocence »

Clément Solym - 01.02.2012

Edition - Société - Emmanuel Carrère - Parti de l'In-nocence - Renaud Camus


Dans une lettre publiée dans le premier numéro des Cahiers de l'In-nocence, Emmanuel Carrère écrit à l'écrivain Renaud Camus, pour lui expliquer qu'il n'adhère pas aux idées du parti politique de son ami, le parti de l'In-nocence, mais qu'il souhaite néanmoins conserver leur amitié. 

 

Tout a commencé quand Renaud Camus lui a demandé d'écrire un texte sur la dissidence soviétique pour la nouvelle revue du parti de l'In-nocence.

 

 

Après avoir demandé un temps de réflexion, Emmanuel Carrère a finalement répondu par cette lettre, à lire en exclusivité sur le site de l'Express.

« Je t'admire et te considère comme mon ami (...) J'aime Nietzsche et pas les nietzschéens, comme Nietzsche aimait Wagner et pas les wagnériens, et il me faut bien dire qu'autant j'aime Renaud Camus, autant je suis mal à l'aise avec le parti de l'In-nocence. », confie-t-il à Camus.


Emmanuel Carrère, détenteur du Renaudot 2011, explique ainsi par la suite que certaines des idées défendues par le parti de l'in-nocence ne lui conviennent pas, notamment concernant le thème du Grand Remplacement.


Une interprétation qui l'incite à considérer « la colonisation à l'envers, les étrangers qui devraient se conduire, chez nous, comme des invités bien élevés, aimant notre langue, pratiquant notre religion - ou la leur, mais avec discrétion, et en nous étant reconnaissants de notre mansuétude. »


Renaud Camus est candidat du parti de l'In-nocence à la prochaine éléections présidentielle. On sait d'avance pour qui Carrère ne votera pas.

Le Parti de l'In-nocence est constitué autour des valeurs de civisme, de civilité, de civilisation, d'urbanité, de respect de la parole et d"in-nocence". L'In-nocence est une vertu ; comme telle elle consiste à sans cesse s'évertuer. Elle est, par nature, politique. Son Parti propose une voie à ce jour inexplorée, au-delà des clivages traditionnels. Il est convaincu de l'urgence qu'il y a à la défricher.