Cartes-cadeaux périmées, les clients de Borders victimes de la faillite

Clément Solym - 31.05.2012

Edition - Justice - Cartes-cadeaux - Borders - action en justice


Pour la chaîne de librairie Borders, la fin de partie a été annoncée en juillet 2011, avec la liquidation définitive et l'annonce de 11.000 licenciements. Les boutiques tiraient alors leur révérence, et c'est était fini du premier concurrent de Barnes & Noble, créant par là même un grand vide dans la librairie d'outre-Atlantique. 

 

Fini ? Pas vraiment. D'abord, parce qu'il fallait encore se débrouiller pour faire quelque chose des établissements qui restaient. Ensuite, de petits points de détail étaient à régler, notamment avec Kobo, sur la protection des données de clients

 

Mais une nouvelle salve est tirée, venant justement des anciens usagers des établissements, concernant les cartes-cadeaux achetées dans le cadre de Borders… et qui se retrouvent maintenant inutilisables. De quoi démontrer que ce mode de règlement n'est pas toujours une valeur sure quand il s'agit de faire un présent. 

 

 

Borders - Santa Cruz, CA

 

 

Ainsi, deux possesseurs de cartes-cadeaux ont décidé de se battre pour que leurs investissements leur soient rendus. Selon eux, ils devraient être autorisés à réclamer le remboursement en menue monnaie des 125 $ qu'ils avaient investis dans ces objets, désormais sans valeur, puisqu'impossibles à troquer dans des boutiques. 

 

Une procédure juridique est lancée, rapporte le Wall Street Journal, et sera entendue le 13 juin prochain. 

 

C'est que, selon les avocats, en signant sa faillite, Borders a mis de côté quelque 156 millions $, tout bonnement évanouis, attendu qu'ils devaient être utilisés avant le 22 septembre 2011. Dans le New Jersey, certains clients ont été choqués d'apprendre que leur petit bout de plastique n'avait plus aucune valeur. Les lois en vigueur dans l'État contraignent à un remboursement de tout type de produit de ce genre, qui n'a pas servi au cours des deux années suivant leur achat. 

 

Le principal problème serait que Borders n'a rien fait pour signaler aux consommateurs que leurs cartes seraient obsolètes, tout en assurant être « bien conscient qu'il y avait des milliers de cartes-cadeaux en circulation ». 

 

En l'absence de tout créancier, difficile de savoir ce qu'il adviendra de ces éléments. « Les détenteurs de cartes-cadeaux ont eu de multiples occasions de se bouger et limiter leur perte, soit en profitant de leur carte, soit en se manifestant dans les temps », assure Curtis R. Smith, responsable de la procédure de faillite pour Borders. « Au lieu de cela, ils ont gaspillé leurs opportunités, et n'en ont rien fait. »

 

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http://www.huffingtonpost.com/2012/05/30/borders-gift-card-holders_n_1556276.html