Catalogne : le référendum délaissé, les nationalistes n'abandonnent pas

Clément Solym - 16.10.2014

Edition - International - Jose Manuel Lara - planeta Espagne - indépendance Catalogne


Le pouvoir exécutif de Catalogne a, en fin de compte, décidé de ne pas céder à l'impulsion d'un référendum concernant son indépendance. Madrid, qui avait déclaré la procédure inconstitutionnelle, a largement pesé dans cette décision, évidemment. Le 9 novembre, le peuple n'ira donc pas aux urnes, comme cela avait été initialement prévu. Mais le nationaliste Artur Mas ne s'avoue pas vaincu.

 

 

Sant Quirc de Durro

Une église en Catalogne, PCB75, CC BY 2.0

 

 

Que ce soit le 9 novembre, ou à une date ultérieure, le gouvernement nationaliste d'Artur Mas entend bien faire porter sa voix et ses idées dans toute l'Espagne. L'idée du référendum, rendue caduque, devra donc laisser la place à une tout autre forme d'action. Avec 7,5 millions de personnes qui produisent un cinquième des richesses du territoire, la Catalogne ne fera pas tout de suite sécession. 

 

Le grand patron du groupe Planeta, propriétaire de du groupe français Editis, José Manuel Lara, a certainement célébré ce revirement. Dans El Cultural, il explique qu'un meilleur dialogue entre la Catalogne et l'Espagne reste cependant indispensable.

 

« Je ne constate aucune scission violente dans la société, tout dépend de la longueur et de ce qui envenimera ce processus », assurait-il, à l'occasion de la remise du prix Planeta 2014. Lara s'est toujours montré ouvert sur les questions politiques, mais a, toutefois, invité à parler plus de « littérature, sans fuir les problèmes ».

 

Selon lui, « de toute évidence, nous prendrons des mesures », si l'indépendance de la Catalogne venait à voir le jour. Cela passerait certainement par un redéploiement de ses structures éditoriales, avec le lancement de différentes publications castillanes sur le reste de l'Espagne. 

 

Une réaction qui s'opérerait, évidemment, dans l'intérêt de ses actionnaires, ajoute le grand patron, qui met en garde de nouveau contre toute velléité souverainiste. « Je ne connais pas d'éditeur qui soit resté dans un pays étranger à sa langue », conclut-il. 

 

Pour l'heure, pas de nouvelles informations sur un retour de l'action en faveur de l'indépendance.

 

(via El Cultural)