Catherine Lépront, "de ces auteurs qui savent conseiller les talents naissants"

Clément Solym - 20.08.2012

Edition - Société - Catherine Lépront - décès - romancière


C'est l'éditeur de la romancière, les éditions du Seuil, qui ont annoncé hier le décès de  Catherine Lépront, prix Goncourt de la Nouvelle en 1992, à l'âge de 61 ans. L'auteure est décédée d'une grave maladie pulmonaire précise l'AFP. 

 

Romancière et essayiste, elle avait fait paraître de nombreux ouvrages chez Gallimard, dont Un gestede dentelles, Le tour du domaine et Une rumeur, avant de passer chez Seuil avec Le café Zimmerman, Esther Mésopotamie, ou encore l'Anglaise.

 

Elle avait obtenu le prix Goncourt de la Nouvelle, pour Trois Gardiennes, paru chez Gallimard, et Les gens du monde, sorti chez Seuil avait reçu les prix Charles Exbrayat et Louis Guilloux en 2003. 

Dans un village de Charente-Maritime, une jeune infirmière rend visite du matin au soir à ses patients. Elle a vingt-sept ans. Les usines ferment, la pêche ne  rapporte plus, la population vieillit. On construit des cités et pourtant tout cela reste beau à ses yeux. Il y a des ostréicultrices, des ouvriers, des notables, un facteur ivrogne, des putes à marins, la bonne du curé... La maladie et la mort dominent-elles ?

Toutes les maladies ne sont heureusement pas toujours mortelles et la visite de l'infirmière peut devenir celle d'une confidente.  

Dans un communiqué, son dernier éditeur lui rend hommage : « Son style où alternaient de longues périodes musicales et un franc-parler populaire, sa culture, son humour incisif, son intransigeance politique, son insolence, sa force d'analyse des sentiments donnaient à ses livres une tonalité très singulière qui la rapprochait de Faulkner et de certains écrivains russes. »

 

De quoi faire d'elle une auteure « à part », dans cette génération d'écrivains.

 

Retrouver les livres de Catherine Lépront

dans notre librairie, avec Decitre

Les gens du monde

 

 

Mise à jour 19h20 : 

 

Le communiqué d'Aurélie Filippetti, en hommage à Catherine Lépront.

Catherine Lépront nous a quittés la 18 août, à Paris. Elle avait 61 ans.
L'auteur de Trois Gardiennes, titre qui lui avait valu le prix Goncourt de la nouvelle en 1992, était certainement l'une des romancières les plus intéressantes de sa génération. Catherine Lépront était aussi une essayiste passionnante, éprise de peinture, qui nous laisse entre autres de très belles pages sur Ingres et sur Caspar David Friedrich.
Elle posait sur les grands drames du XXe siècle, qui souvent ont inspiré ses romans, un regard d'une grande intelligence, d'une grande lucidité, jamais dénué de compassion. Elle comprenait ses contemporains et nous les faisait mieux comprendre. Elle pouvait aussi compter pour cela sur la magie d'un style doté d'un étonnant pouvoir d'évocation.
Catherine Lépront était également lectrice aux éditions Gallimard.

Elle était de ces écrivains qui savent discerner, reconnaître, encourager et conseiller les talents naissants.