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Ce libraire ne vend pas des livres, il les donne

Cécile Mazin - 23.01.2017

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Dans la ville de Trieste, juste à la frontière avec la Slovénie, une librairie s’est ouverte. Entre les Alpes dinariques et la mer Adriatique, Giorgio Cescuti a créé Libribelli. Mais ici, on n’achète pas de livres, pas plus qu’on ne les emprunte ni les échange : ils sont offerts. Une librairie où tout est gratuit ? Le concept qui bouscule.

 

 

 

Se présentant comme quelqu’un qui n’est même pas un grand lecteur, Giorgio Cescuti avait toujours eu la volonté de faire quelque chose en lien avec une totale gratuité. Son premier objectif est évidemment de créer une alternative, face au « Dieu Argent ». Sa librairie, à vocation anticapitaliste donc, est quelque chose de difficilement compréhensible.

 

Pourtant, sur la façade, on peut lire distinctement Libreria, avec cette petite phrase qui vient remuer : « Ici, on n’achète pas de livres et on n’en vend pas. »

 

Et pour beaucoup de gens, de la ville ou de passage, « c’est une chose incompréhensible, l’idée même de prendre quelque chose de gratuit, de sorte qu’avant de sortir, ils me demandent s’ils doivent payer, ou s’ils peuvent laisser un peu d’argent. Pour moi, les gens doivent venir, discuter, et, s’ils le souhaitent, repartir avec un livre. J’aime cette possibilité de créer du dialogue ».

 

Créer du lien social, par les livres et les discussions

 

Ayant commencé à lire à l’âge de 52 ans, Giorgio Cescuti avait dans l’idée de créer cet espace de partage, régi par une seule recommandation : ne pas prendre plus de 3 livres en même temps. « Aujourd’hui, le contact entre les personnes se perd. J’espère que la librairie deviendra une occasion pour se parler, se rencontrer », précise-t-il.

 

 

 

Désormais, au 12 de la rue Risorta, on pourra retrouver la mise en œuvre d’une idée venue de Bologne. Anna Hilbe, fondatrice de la Libreria delle donne (La librairie des femmes), avait proposé ce système de livres gratuits. Et avec celles de Baltimore et de Madrid, Libribelli devient alors la quatrième au monde à reposer sur ce principe.

 

Depuis l’inauguration, le 17 décembre dernier, le propriétaire perfectionne son projet. « Je désire avant tout que la culture circule. Mais surtout, je voudrais renforcer le sens de la communauté : ce lien qui apparaît entre les gens, quand on fait bouger les lignes, qu’on va dans une certaine direction : c’est incroyable. »

 

Assurément : incroyable.

 

via Libreriamo, Trieste prima